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Tension à Lubumbashi: des chars et des commandos dans les rues


Un char de combat dans l'Est de la RDC. (REUTERS/Kenny Katombe)

Un char de combat dans l'Est de la RDC. (REUTERS/Kenny Katombe)

Un mouvement inhabituel de transport de chars de combat, de matériel militaire et de troupes a lieu depuis vendredi à Lubumbashi, capitale de l’ex-province du Katanga, a constaté le correspondant de VOA Afrique sur place.

Un climat de terreur et d’inquiétude s’installe dans cette ville où la situation devient de plus en plus tendue au fur et à mesure que l’échéance constitutionnelle pour la tenue de l’élection présidentielle se rapproche. Le scrutin doit, selon la Constitution, se tenir avant décembre 2016.

Aucune explication n’a été donnée de la part des autorités locales sur cette forte présence militaire.

"Je les ai vus moi-même de mes propres yeux: des chars de combat avec des militaires qui régulaient la circulation à leur manière pour les faire passer. C’est du terrorisme. On veut nous traumatiser", se plaint un habitant de la ville.

"Nous sommes très inquiets de ce qui peut arriver dans l’avenir (…) Ces militaires viennent de quelque part, de Bunia peut-être… ils circulent avec armes lourdes et autres matériel de guerre, mais pourquoi?" s’interroge un autre habitant de Lubumbashi.

Certains Lushois sont plutôt convaincus que cette présence militaire constitue une mesure du gouvernement pour prévenir toute situation d’insécurité éventuelle (...) "car le pays sort d’une guerre", affirme un autre habitant interrogé par VOA Afrique.

Le Commissaire spécial de la nouvelle province du Haut-Katanga, Félicien Katanga, explique, pour sa part, qu’il s’agit juste d’une simple opération de ravitaillement de la brigade provincial décidée par le pouvoir central.

Toutefois, ce mouvement de troupes et de matériels militaire fait croître les suspicions dans cette province où la situation est tendue depuis quelques temps. La police y visite régulièrement, et de plus en plus, des opposants.

Des organisations de défense des droits humains ont adressé une lettre ouverte demandant des explications à ce sujet au ministre congolais de la Défense.

Pour Maître Timothée Mbuya, président de l'Ong Justicia Asbl, les autorités doivent donner des explications sur cette présence militaire dans la ville. "Cela, en vue d’apaiser aussi bien la population que les investisseurs", soutient le défenseur des droits humains.

«(…) Hier (le 4 avril) un ministre s’est prononcé là-dessus. Il a dit que c’était dans le cadre normal d’un renforcement des capacités de l’armée. (…) Mais selon l’information que nous venons de recevoir aujourd’hui, ces armes lourdes sont entreposées dans un camp de la garde républicaine. (…) La population s’inquiète parce que nous nous approchons de la période électorale. C’est pour la question de savoir pourquoi seulement le Katanga et pourquoi maintenant», a déclaré à VOA Afrique Maître Timothée Mbuya.

La tension est montée davantage après la désignation le week-end dernier de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur de l’ex-province du Haut-Katanga, comme candidat à la prochaine élection présidentielle par un groupe d’anciens frondeurs du régime de Kabila passés à l’opposition.

L’élection présidentielle doit se tenir avant décembre 2016, selon la Constitution de la RDC. Mais elle devient de plus en plus improbable car la Commission nationale électorale indépendante (CENI) a annoncé qu’elle devrait procéder à la révision du fichier électoral, une opération qui va, selon elle, durer entre 13 à 16 mois.

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