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Journée ville morte au Tchad


Des boutiques du marché central de N'Djamena le 24 février 2016 lors de la Journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit (Photo VOA)

Des boutiques du marché central de N'Djamena le 24 février 2016 lors de la Journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit (Photo VOA)

Les Tchadiens ont largement suivi le mot d'ordre "ville morte" de la plateforme "Ça suffit" demandant le départ du président Idriss Deby Itno.

Marchés déserts, boutiques fermées, circulation réduite: les Tchadiens ont suivi mercredi, à N'Djamena comme en province, le mot d'ordre "ville morte" de la plateforme "Ça suffit" demandant d’Idriss Deby Itno, qui veut se présenter pour un 5ème mandat, après 26 ans de pouvoir.

En effet, dans la capitale tchadienne, comme lors d'un jour férié, les deux grands marchés sont restés déserts.

Toutes les boutiques à travers la ville sont restées fermées, les élèves des lycées et collèges n'ont pas été en cours, la circulation des voitures et des motos-taxis était réduite.

Seules les banques et certaines sociétés privées étaient ouvertes dans le quartier administratif. Dans les ministères, plusieurs départements ont fonctionné au ralenti.

Un marché à Ndjamena le 24 février 2016 lors de la journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit. (Photo VOA)

Un marché à Ndjamena le 24 février 2016 lors de la journée ville-morte organisée par la plateforme Ça Suffit. (Photo VOA)

Ce mouvement anti-Deby, lancé du matin jusqu'à 13H30 locales (12H30 GMT), a été aussi bien suivi en province.

A Moundou, la deuxième ville du pays, il a été "totalement suivi", selon un habitant joint au téléphone par l'AFP. "Même les motos-taxis ne circulent pas. C'est vous dire qu’ici, à Moundou, nous avons très bien respecté la ville-morte", a-t-il affirmé.

A Mao, dans le nord-ouest du pays, le marché hebdomadaire du mercredi a été fortement perturbé, selon un habitant.

Selon le porte-parole de la plateforme "Ça suffit", Mahamat Nour Ibedou, le mot d'ordre a été également suivi dans les villes de Sarh (sud), Abéché (est) et Mongo (centre).

"Le mot d'ordre a été globalement très bien suivi et cela démontre que la population a pris conscience qu'elle peut exercer ses droits démocratiques", a-t-il déclaré, avant d’ajouter "Cela traduit un ras-le-bol général, c'est la preuve évidente que le peuple rejette la candidature de Deby", a-t-il ajouté.

La plateforme "Ça suffit " est composée d'une vingtaine d'associations de la société civile dont la Ligue tchadienne des droits de l'homme et l'Union des syndicats du Tchad.

Ce mouvement s'inscrit dans un contexte global de contestation du pouvoir du président Deby, et il a été déclenché à la suite de celui des lycéens qui, depuis le 15 février, ont manifesté à plusieurs reprises à travers le pays pour protester contre le viol de la jeune Tchadienne Zouhoura par des fils de dignitaires. Deux lycéens ont été tués par la police et l'armée au cours de ces manifestations.

L’opposition politique, dont le chef de file, Saleh Kebzabo, va se présenter à la présidentielle, s'oppose aussi au chef de l'Etat et a été interdite de manifester mardi dans la capitale.

M. Kebzabo a par ailleurs été empêché de quitter le pays pour un voyage en Europe mercredi, au lendemain de la marche pacifique interdite à Ndjamena par le ministère de la sécurité.

Le porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), Jean-Bernard Padaré, joint par VOA Afrique mercredi, a estimé que les commerçants avaient fermé boutiques au grand marché de Ndjamena, non pas pour suivre le mot d’ordre de l’opposition, selon lui, mais par peur de voir leurs stands pillés ou brûlés par des jeunes.

Il a également justifié l’interdiction de la marche de mardi, disant que «le délai de 5 jours requis pour l’organisation d’une telle manifestation n’a pas été respecté.»

Avec AFP

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