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Procès Charles Taylor : le verdict attendu à la Haye


L'ancien leader libérien est le premier chef d'Etat africain jugé pour crimes contre l'humanité par la justice internationale

C’est ce jeudi que le Tribunal spécial pour la Sierra Léone doit rendre son jugement dans le procès de Charles Taylor à la Haye.

L’ancien président du Libéria devait répondre de 11 chefs d’accusation de “crime contre l’humanité et de crimes de guerre”. Mais, malgré ces accusations d’une telle gravité, Taylor continue de jouir d’un certain soutien au Libéria, où ses compatriotes ne cachent pas leurs vues sur son procès, la justice internationale et sur Taylor lui-même.

Selon l’acte d’accusation contre M. Taylor, des témoins laissent entendre qu’il a “créé, armé, appuyé et contrôlé à partir du Libéria les rebelles” du RUF de Fodeh Sankoh pendant la guerre civile en Sierra Léone. L’ancien président aurait même eu, dans sa résidence à Monrovia, une cache de munitions fournissant un soutien critique aux rebelles sierra léonais alors qu’ils s’emparaient de territoires et de ressources du pays, de ses mines de diamants, en particulier.

Concernant la guerre civile libérienne elle-même, Charles Taylor n’a jamais été jugé pour son rôle dans ce conflit sanglant qui a pris fin en 2003.

Une victime amputée par les rebelles du RUF en Sierra Leone

Une victime amputée par les rebelles du RUF en Sierra Leone

Malgré tout, il a pu – une fois au pouvoir – devenir un président populaire, essentiellement grâce à son charisme et ses subventions au prix du riz. Des concitoyens de Monrovia lui vouent toujours une loyauté certaine.

Charles Taylor a été arrêté et livré au Tribunal en 2006, 3 ans après son inculpation et sa démission de la présidence libérienne. Son procès, qui a été « délocalisé « à la Haye pour des raisons de sécurité, s’était ouvert en 2007.

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