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Près d'une centaine de civils tués dans l'intervention turque en Syrie


Des combattants rebelles conduisent un véhicule militaire à la périphérie de Tell Rifaat town, au nord d’Alep et contrôlée par les Forces Démocratiques de syrie (SDF) Syrie, le 22 octobre 2016.

Des combattants rebelles conduisent un véhicule militaire à la périphérie de Tell Rifaat town, au nord d’Alep et contrôlée par les Forces Démocratiques de syrie (SDF) Syrie, le 22 octobre 2016.

Près d'une centaine de civils ont été tués en deux mois d'offensive de l'armée turque dans le nord de la Syrie, principalement dans les territoires contrôlés par le groupe Etat islamique (EI), a annoncé lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des autorités turques au sujet de ce bilan fourni par l'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, mais Ankara a par le passé réfuté de telles accusations.

L'armée turque, alliée à des rebelles syriens, a lancé le 24 août une vaste offensive militaire baptisée "Bouclier de l'Euphrate" pour chasser de la frontière syro-turque les jihadistes de l'EI mais aussi les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple kurde (YPG).

"L'OSDH a pu documenter la mort de 96 civils, dont 22 enfants, entre le 24 août et le 24 octobre, dans des tirs d'artillerie de l'armée et des frappes de l'aviation turque", selon l'OSDH.

Les rebelles syriens impliqués dans l'offensive combattent au sol tandis que l'armée turque participe avec des frappes aériennes et des tirs d'artillerie, principalement depuis son territoire, selon l'OSDH.

Son directeur Rami Abdel Rahmane a précisé que "92 civils, en majorité des Kurdes", avaient été tués dans les régions contrôlées par l'EI et quatre dans les régions contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et dominée par les YPG.

Selon l'agence officielle turque Anadolu, les rebelles soutenus par la Turquie se sont emparés de plus de 1.000 km2 de territoire syrien depuis le début de l'offensive.

L'opération a notamment permis de reprendre à l'EI la très symbolique ville de Dabiq. L'objectif est maintenant d'avancer vers Al-Bab, localité tenue par les jihadistes à une trentaine de kilomètres au sud-est de Dabiq.

Considérés comme des "terroristes" par Ankara, les rebelles kurdes sont à la pointe de la lutte contre l'EI en Syrie.

Le gouvernement turc souhaite empêcher la constitution d'une région autonome kurde dans le nord de la Syrie, à sa frontière. Il considère également les YPG comme étroitement liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion sanglante sur le territoire turc depuis plus de 30 ans.

Depuis mars 2011, le conflit en Syrie s'est complexifié et internationalisé, provoquant la mort de plus de 300.000 personnes.

Avec AFP

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