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Syrie : rencontre Kerry-Lavrov après des discussions avec Poutine sur davantage de coopération militaire


Vladimir Putin et John Kerry, Kremlin, Moscou, Russie, 14 juillet 2016. (Vasily Maximov/Pool Photo via AP)

Vladimir Putin et John Kerry, Kremlin, Moscou, Russie, 14 juillet 2016. (Vasily Maximov/Pool Photo via AP)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit rencontrer vendredi à Moscou son homologue russe Sergueï Lavrov à l'issue de longs pourparlers nocturnes avec Vladimir Poutine visant à étudier l'offre américaine de coopération militaire plus étroite entre les deux pays en Syrie.

Arrivé à Moscou jeudi, M. Kerry s'est entretenu jusque tard dans la nuit au Kremlin avec le président russe flanqué de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov. Le haut responsable américain doit rencontrer dès 07H00 GMT vendredi M. Lavrov avant une conférence de presse.

Russes et Américains cherchent à s'entendre alors que combats sanglants et bombardements se poursuivent malgré un cessez-le-feu établi fin février sous l'égide de la Russie et des Etats-Unis.

La dernière des trêves temporaires annoncées par l'armée syrienne a expiré vendredi à 00H01, sans avoir été respectée ni par le régime, ni par les rebelles.

Au début des pourparlers jeudi soir au Kremlin, John Kerry avait dit espérer de "véritables progrès mesurables", Vladimir Poutine rappelant lui l'aspiration des deux pays "non seulement à coopérer", "mais aussi à obtenir des résultats" .

Au cours de la rencontre de trois heures, les deux responsables ont évoqué la "nécessité d'augmenter la pression sur les groupes terroristes tels que Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) et la branche d'Al-Qaïda en Syrie, Al-Nosra", selon John Kirby, porte-parole du chef de la diplomatie américaine.

D'après un document du gouvernement américain révélé par le Washington Post, M. Kerry doit proposer aux Russes d'unir leurs efforts pour lutter ensemble contre le groupe Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

M. Kerry est censé proposer l'établissement d'un centre de commandement commun en Jordanie pour coordonner leurs raids aériens contre les combattants de l'EI et d'Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, qualifiés de groupes terroristes par le Conseil de sécurité de l'ONU.

En échange, Moscou devra limiter ses frappes aériennes à des cibles choisies avec les Etats-Unis et le régime syrien devra cesser de bombarder les rebelles modérés, selon ce document.

A l'heure actuelle, les djihadistes de l'EI et d'Al-Qaïda sont exclus du cessez-le-feu convenu en février entre l'armée régulière et les opposants modérés et sont la cible des bombardements russes ou de la coalition menée par les Etats-Unis.

Mais Washington accuse Moscou de viser également au cours de ces raids aériens des rebelles modérés opposés au président Assad, ce que la Russie dément.

- 'Pas une patience infinie' -

Pour un haut responsable du département d'Etat, ce plan pourrait permettre de résoudre deux des problèmes qui, selon les Américains, entravent un règlement en Syrie: le non-respect de la trêve par le régime de Bachar al-Assad et la montée en puissance d'Al-Nosra.

"Nous avons besoin d'une solution à ces deux problèmes", a-t-il déclaré, soulignant qu'en cas d'échec des discussions entre MM. Kerry et Poutine, Washington devra adopter une approche "très différente".

Les Etats-Unis n'ont "pas une patience infinie", a-t-il prévenu.

Avant la rencontre, le Kremlin n'avait pas souhaité commenter les informations de la presse américaine mais avait rappelé que Vladimir Poutine souhaitait de longue date que "la lutte contre le terrorisme en Syrie et dans les Etats voisins" se fasse "en commun".

Si la proposition américaine était adoptée par Moscou, allié de Bachar al-Assad, elle constituerait un tournant majeur dans la stratégie américaine en Syrie puisqu'elle serait synonyme d'un rapprochement de facto avec le régime syrien.

Tout accord entre Moscou et Washington risque ainsi d'être fortement controversé car il pourrait être perçu, notamment par les critiques de Barack Obama tout comme par certains alliés des Etats-Unis, comme une approbation tacite donnée au maintien de Bachar al-Assad au pouvoir.

Or, le sort du président syrien reste la principale pierre d'achoppement dans les différents cycles de pourparlers organisés jusqu'à présent sous l'égide de l'ONU à Genève.

Dans une interview diffusée jeudi par la chaîne de télévision américaine NBC News, M. Assad affirme que les Russes "n'ont jamais dit un mot" concernant son départ du pouvoir et dit ne pas nourrir d'inquiétudes quant à la possibilité que Russes et Américains décident un jour de son sort.

Sur le terrain, les combats font rage, notamment à Alep (nord), où au moins 12 civils ont été tués jeudi dans des raids aériens.

Pour sa part, l'armée russe n'a pas évoqué de frappes à Alep mais a annoncé avoir effectué depuis mardi plus de 50 raids aériens contre l'EI près de Palmyre (centre).

Avec AFP

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