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Raid meurtrier contre un convoi humanitaire en Syrie après la "fin" de la trêve


 (Archives)

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Un raid aérien a touché un convoi humanitaire et tué 12 bénévoles du Croissant rouge et conducteurs de camions qui devaient acheminer de l'aide dans la province d'Alep lundi, quelques heures après que l'armée syrienne a déclaré la "fin" de la trêve des combats.

Face à la crise et à la fin du cessez-le-feu, en vigueur depuis une semaine, la Syrie devrait dominer les débats mardi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 12 employés du Croissant rouge et chauffeurs de camion, qui devaient acheminer une précieuse aide humanitaire dans la province d'Alep, ont péri dans cette frappe menée lundi.

L'organisation n'était pas en mesure de préciser de quelle nationalité étaient les avions qui ont mené la frappe, mais aucun groupe rebelle syrien ne dispose de force aérienne.

Sans directement accuser Moscou, le porte-parole du département d'Etat John Kirby a assuré que Washington était "scandalisé" par l'attitude de la Russie, alliée du régime de Damas.

Les Etats-Unis "soulèveront la question directement auprès de la Russie", a précisé M. Kirby depuis New York où se tient l'Assemblée générale des Nations unies.

Plus tôt dans la soirée, un diplomate américain avait pointé la "responsabilité" des Russes de "se réfréner pour ce genre d'actions (le raid contre le convoi, ndlr) et ils ont aussi la responsabilité d'empêcher le régime syrien de le faire".

L'ONU a indiqué que le raid avait endommagé au moins 18 camions chargés d'aide humanitaire. Les camions faisaient partie d'un convoi de 31 véhicules de l'ONU et du Croissant rouge syrien qui livrait de l'aide à 78.000 personnes à Orum al-Koubra, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

Ce raid est survenu quelques heures après que l'armée du régime de Bachar al-Assad a annoncé "la fin du gel des combats qui a débuté à 19H00 (16H00 GMT) le 12 septembre conformément à l'accord Etats-Unis/Russie".

Au total, au moins 36 civils ont péri à Alep et dans sa province dans des raids, selon l'OSDH, qui a précisé que "plus de 40 frappes aériennes" ont été menées depuis l'annonce de Damas.

- 'Sérieux coup' -

A New York, un diplomate américain a refusé d'évoquer une "fin" de la trêve, tout en reconnaissant que "ce qui s'est passé aujourd'hui porte un sérieux coup à nos efforts pour apporter la paix en Syrie".

Le secrétaire d'Etat John Kerry n'est pas, lui non plus, disposé à jeter l'éponge sur le conflit syrien, qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011, en maintenant le dialogue avec Moscou.

"Les Russes ont signé un accord, il faut voir maintenant ce qu'ils disent. Mais le plus important, c'est que les Russes doivent contrôler (le président syrien Bachar) al-Assad", avait-il confié à la presse lors de rencontres avec des ministres de pays arabes à New York.

A son arrivée à New York, le président français François Hollande a fait part de son intention d'"appeler devant les Nations unies à ce que nous puissions trouver de nouveau les conditions d'une trêve pour permettre l'accès humanitaire et mettre en place une transition politique".

Face à la gravité de la situation, le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble depuis novembre 2015 une vingtaine de pays et d'organisations internationales - dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Iran - se réunira tôt mardi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, d'après la diplomatie américaine.

La réunion "évaluera (...) l'état de l'accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie il y a une semaine, où nous sommes et quelles sont les prochaines mesures à prendre", a précisé un porte-parole du département d'Etat, Mark Toner.

- 'Agression flagrante' -

En annonçant la fin de la trêve, l'armée syrienne en a fait porter la responsabilité aux groupes rebelles qui n'ont "pas respecté une seule disposition" de l'accord. Damas a répertorié plus de 300 violations de la trêve par ces groupes.

Les rebelles et l'opposition n'avaient pas formellement approuvé l'accord russo-américain, dont ils critiquaient l'absence de garanties.

Un peu avant l'annonce de son armée, le président Assad a accusé les Etats-Unis d'avoir commis une "agression flagrante" en menant samedi un raid contre son armée à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, qui a fait au moins 90 morts.

La coalition a affirmé que ce bombardement était une erreur de cible puisqu'elle croyait viser des djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Mais Damas a rejeté cette explication en dénonçant un raid "délibéré", selon la conseillère du président Assad, Bouthaina Chaabane.

Un autre objectif de la trêve était l'acheminement de l'aide humanitaire vers les villes assiégées, mais celui-ci ne s'est fait qu'au compte-goutte. Et, surtout, aucun des camions remplis de nourriture et de médicaments n'a pu rejoindre les quartiers rebelles d'Alep.

"Nous sommes bien sûr frustrés par le fait qu'il n'y ait aucun progrès concernant Alep", a déclaré à l'AFP David Swanson, un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Avec AFP

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