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Syrie : l'opposition participera-t-elle aux prochaines discussions de paix ?


Un petit garçon dans un pick up dans le quartier rebelle de Douma à Damas, le 2 mars 2016. (REUTERS/Bassam Khabieh)

Un petit garçon dans un pick up dans le quartier rebelle de Douma à Damas, le 2 mars 2016. (REUTERS/Bassam Khabieh)

Les conditions ne sont "actuellement pas propices" à une reprise des négociations intersyriennes le 9 mars prochain à Genève, a déclaré vendredi Riad Hijab, représentant de l'opposition.

Les Européens pressent une opposition syrienne toujours très réticente à prendre part à la reprise des discussions de paix sur la Syrie prévues la semaine prochaine à Genève, après une semaine de précaire trêve des combats.

Les conditions ne sont "actuellement pas propices" à une reprise des négociations intersyriennes le 9 mars prochain à Genève, a déclaré vendredi Riad Hijab, coordinateur du Haut comité des négociations (HCN), regroupant responsables politiques et représentants de groupes armés de l'opposition.

De passage à Paris, ce haut responsable de l'opposition syrienne a rencontré les chefs de la diplomatie française, britannique, allemande et européenne, qui ont insisté sur la nécessité d'une reprise rapide des négociations.

"Il n'y a pas de levée des blocus, pas de libération des prisonniers, pas de respect de la trêve et pas d'acheminement de l'aide humanitaire", tandis que depuis sept jours "ont eu lieu 90 raids aériens sur une cinquantaine de zones libérées", a accusé Riad Hijab.

Toutefois, "il est prématuré de dire qu'il n'y aura pas de reprise des négociations. Nous allons nous consulter et à la lumière des développements nous prendrons notre décision", a-t-il souligné.

Une précédente tentative de discussions indirectes sous l'égide de l'ONU avait échoué le 3 février, en raison de l'intensification des bombardements russes et de l'aggravation de la situation humanitaire.

La date du 10 mars avancée

Côté calendrier, cela se précise. "Notre intention est de relancer le processus à partir du 9 mars dans l'après-midi", a indiqué samedi l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura au quotidien panarabe Al-Hayat.

Mais, a-t-il précisé, "je pense que nous allons commencer le 10. C'est à ce moment que débutera le processus", selon la traduction arabe du journal.

L'envoyé spécial a expliqué que "certains participants arriveront le 9. D'autres, en raison de problèmes de réservation d'hôtel arriveront le 11 et d'autres encore le 14".

Steffen de Mistura a précisé que les pourparlers se tiendraient comme les précédents, de manière indirecte.

Assad et la transition

Riad Hijab a réaffirmé que le président syrien Bachar al-Assad n'avait pas de place dans une future transition politique, "car il a les mains tachées de sang".

L'envoyé de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a toutefois souligné qu'il revenait aux Syriens de "décider" du sort du président - l'un des principaux points de blocage à une résolution politique du conflit.

Toute la journée, vendredi, rencontres et coups de téléphones se sont multipliés depuis Paris entre les soutiens européens de l'opposition syrienne et l'allié russe du régime de Damas.

Moscou et Paris ont cependant eu une nouvelle passe d'armes illustrant leurs visions antagonistes d'une solution politique au conflit.

Le président français François Hollande a ainsi jugée "provocatrice" et totalement "irréaliste" l'idée de Bachar al-Assad d'organiser des élections législatives en avril. Son homologue russe Vladimir Poutine a estimé que cela ne gênerait en rien le processus de paix.

"La révolution continue"

Sur le terrain, alors que la trêve continuait globalement de tenir vendredi, l'ONU a livré de l'aide humanitaire pour 20 000 personnes dans trois localités rebelles à l'est de Damas, deuxième opération du genre depuis le cessez-le-feu.

Deux raids aériens ont néanmoins touché la région, faisant un mort, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Tard vendredi soir, un groupe de rebelles syriens a pris le contrôle du point de passage d'Al-Tanaf, à la frontière irakienne, contrôlé du côté irakien par l'organisation Etat islamique (EI), a annoncé cette même ONG.

La trêve ne s'applique pas aux groupes jihadistes de l'EI et du Front al-Nosra (branche locale d'al-Qaïda), classés terroristes par l'ONU. Mais son application est compliquée par l'imbrication des groupes et le fait qu'al-Nosra est allié à des rebelles dits modérés dans certaines régions.

Selon Moscou, 27 violations du cessez-le-feu ont été enregistrées entre jeudi et vendredi, principalement dans la province d'Alep (nord), et des armes continuent de transiter "en permanence" par la frontière turco-syrienne vers les groupes rebelles, mettant "en danger la cessation prochaine des hostilités".

AFP

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