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La situation en Syrie devient "hors de contrôle", avertit Kerry


Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, à droite, à côté du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, à gauche, lors d'une réunion sur la Syrie à Genève, en Suisse, le 2 mai 2016. (Denis Balibouse/Pool Photo via AP)

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, à droite, à côté du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, à gauche, lors d'une réunion sur la Syrie à Genève, en Suisse, le 2 mai 2016. (Denis Balibouse/Pool Photo via AP)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a effectué lundi une visite éclair à Genève pour tenter de sauver la trêve en Syrie, où la situation devient "hors de contrôle" même si les bombardements du régime ont baissé d'intensité sur la ville d'Alep.

John Kerry ayant quitté Genève, les regards se tournent vers Moscou, où l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, doit rencontrer mardi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, avec le même ordre du jour : le rétablissement du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 février, mais gravement compromis ces derniers jours.

Arrivé dimanche soir en Suisse, John Kerry a rencontré ses homologues jordanien et saoudien. Il s'est aussi entretenu avec le médiateur de l'ONU, qui a annoncé lundi aux médias : "Nous préparons un meilleur mécanisme pour surveiller et contrôler un nouveau cessez-le-feu".

De son côté, le secrétaire d'Etat américain a estimé que "le conflit devient à bien des égards hors de contrôle" et a affirmé que "plusieurs propositions" avaient été faites, sans autres précisions.

"Nous allons essayer ces prochaines heures de voir s'il est possible de parvenir à un accord, non pas pour simplement remettre sur pied la cessation (des hostilités, ndlr), mais pour créer une voie à suivre" afin que les combats ne s'arrêtent pas seulement un jour ou deux, mais plus, a dit M. Kerry, parlant de la création d'un "mécanisme" de suivi.

Il s'est également entretenu dans la journée, au téléphone, avec Sergueï Lavrov. Le ministère russe des Affaires étrangères a fait savoir que les deux hommes avaient "convenu de nouvelles mesures (à prendre) par Moscou et Washington en tant que coprésidents de Groupe de soutien international à la Syrie (GSIS), dont l'une sur la préparation de sa prochaine réunion".

La Russie et les Etats-Unis sont les initiateurs du processus de paix en Syrie, et M. de Mistura a souligné que si ces deux pays ne parvenaient pas à s'entendre il n'était guère probable qu'il y ait des avancées.

Alliée du président syrien Bachar al-Assad, la Russie a fait état dimanche de "négociations actives" pour faire taire les armes à Alep. Les Etats-Unis avaient auparavant appelé à l'arrêt des bombardements sur la partie de cette ville du nord de la Syrie tenue par les rebelles.

Plus de 250 civils dont une cinquantaine d'enfants ont péri depuis la reprise le 22 avril des violences à Alep, la majorité dans des raids effectués par l'aviation du régime.

'#AleppoIsburning'

John Kerry a accusé le régime syrien d'avoir délibérément bombardé trois cliniques et un grand hôpital à Alep la semaine dernière.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé la Russie à intervenir auprès de Damas pour que "les frappes sur Alep s'arrêtent" et que le processus de paix puisse reprendre "le plus vite possible".

D'intenses raids aériens ont eu lieu dans la nuit sur la deuxième ville de Syrie, selon un journaliste de l'AFP. Mais, depuis la matinée, aucun raid ou tir n'a été constaté dans le secteur rebelle.

"Ce qui se passe à Alep est une honte (...) C'est un crime", a réagi lundi à Genève le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir.

Le secrétaire d'Etat américain a quant à lui expliqué que Washington allait demander aux rebelles modérés de prendre leurs distances à Alep par rapport au Front Al-Nosra, le plus important groupe jihadiste en Syrie après l'Etat islamique (EI).

Moscou et Damas ont expliqué l'offensive sur Alep par la présence d'Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, qui n'est pas concernée par l'accord de trêve.

Le 3e cycle de négociations s'est achevé le 27 avril à Genève. Les principaux représentants de l'opposition s'en sont retirés pour notamment protester contre les violations de la trêve.

A l'issue de ces pourparlers, M. de Mistura a demandé que le cessez-le-feu soit "revitalisé", avec l'aide de Washington et de Moscou, espérant qu'il y aurait un 4e cycle de discussions courant mai.

La guerre en Syrie a fait plus de 270.000 morts depuis 2011, selon l'OSDH.

Face à la tragédie à Alep, le hashtag "#AleppoIsburning" a été massivement relayé sur les réseaux sociaux, appelant à des manifestations de solidarité dans plusieurs pays du 30 avril au 7 mai.


Avec AFP

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