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Syrie : John Kerry exhorte la Russie à "changer de cibles" militaires sur le terrain


Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'exprime à la conférence de sécurité de Munich, le 13 février 2016. (REUTERS/Michael Dalder)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'exprime à la conférence de sécurité de Munich, le 13 février 2016. (REUTERS/Michael Dalder)

"Aujourd'hui la très grande majorité des attaques russes se concentrent sur les groupes d'opposition légitimes", a estimé le secrétaire d'Etat américain samedi, espérant qu'une trêve soit réalisable d'ici une semaine.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a martelé samedi que la Russie devait "changer de cibles" militaires en Syrie, alors que la crise est à un "moment charnière" avec la perspective d'une trêve d'ici une semaine.

"Aujourd'hui la très grande majorité des attaques russes se concentrent sur les groupes d'opposition légitimes. Pour adhérer à l'accord (sur la trêve), il est essentiel que la Russie change de cibles" en Syrie, a-t-il dit lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Les Occidentaux reprochent aux Russes de frapper surtout l'opposition modérée, et non les jihadistes les plus durs, afin de conforter le régime de Bachar al-Assad. Les Russes affirment de leur côté ne viser que des groupes "terroristes".

"Nous sommes à un moment charnière" entre guerre et paix, a insisté John Kerry. "Les décisions qui seront prises dans les prochains jours, semaines ou mois peuvent mettre fin à la guerre (...) ou ouvrir la porte à un conflit encore plus large", a-t-il mis en garde.

Les Etats-Unis et la Russie viennent de tomber d'accord sur une "cessation des hostilités" en Syrie dans un délai d'une semaine, à l'exception de l'offensive contre les jihadistes, afin de relancer le processus de paix et de stopper l'exode de civils.

Les Etats-Unis sont prêts à s'asseoir à une même table avec les Russes pour déterminer quels groupes peuvent être bombardés ou pas, a poursuivi John Kerry, alors que Moscou demande une coopération entre militaires russes et américains sur ces questions.

"Il n'y a pas d'autre solution pour une cessation des hostilités que de s'asseoir à une table et de travailler ensemble sur tous les aspects de la question, qu'ils soient politiques, humanitaires ou militaires", a-t-il dit.

"Nous déterminerons ce qui doit être visé, ce qui ne devrait pas l'être, comment travailler ensemble pour que les gens ne quittent pas la table (des négociations) parce que, de toute évidence, si ceux qui sont prêts à participer au processus politique sont bombardés, on n'aura pas beaucoup de conversation", a-t-il ajouté.

La coalition militaire emmenée par les Etats-Unis mène de son côté depuis l'été 2014 des raids aériens contre le seul groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

AFP

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