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Funérailles massives de loyalistes tués dans un attentat en Syrie


Des gens marchent près de bâtiments détruits dans le quartier de Douma, à Damas, le 4 avril 2017.

Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage mercredi dans un célèbre mausolée chiite près de Damas aux victimes d'un attentat particulièrement sanglant dans le nord de la Syrie, a constaté un correspondant de l'AFP.

Au moins 150 personnes, dont 72 enfants, ont été tués le 15 avril dans un attentat contre leurs bus près d'Alep alors qu'ils venaient d'être évacués des localités chiites de Foua et Kafraya, assiégées par les rebelles et les jihadistes dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest).

Mercredi, au mausolée chiite de Sayeda Zeinab près de Damas, les cercueils de 52 des victimes, enveloppés d'un drapeau syrien, ont été accueillis par une foule en larmes, dont de nombreux proches.

"Il s'agit des victimes identifiées", a précisé un organisateur à l'AFP, alors que l'identité de dizaines d'autres corps n'a pas encore pu être établie.

Il a indiqué que les victimes seraient enterrées dans un cimetière proche du mausolée.

L'attentat, toujours pas revendiqué, a été imputé par le régime syrien à l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Quant aux rebelles, ils avaient condamné l'attaque.

Des femmes, des enfants et des hommes, certains en uniforme militaires, originaires des deux localités évacuées, s'étaient rassemblés dans la mosquée pour prendre part aux funérailles.

De strictes mesures de sécurité avaient été mises en place et des soldats avec des miliciens prorégime fouillaient minutieusement chaque personne pénétrant dans le périmètre du mausolée, a constaté le correspondant de l'AFP.

Ces dernières années, plusieurs attentats sanglants ont visé Sayeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite au sud de Damas. La plupart de ces attaques avaient été revendiquées par des groupes jihadistes hostiles à l'Iran et au mouvement chiite libanais Hezbollah, principaux alliés du régime de Bachar al-Assad.

'De quoi est-il coupable?'

"Il n'y a pas de sentiment plus horrible", confie Abdel Salam Roummane, 19 ans, en portant la photo d'une victime: sa soeur Touqa, 6 ans, vêtue de blanc et d'un serre-tête assorti. "Notre coeur s'est brisé quand on a retrouvé" son corps, se rappelle-t-il ému.

Selon des témoins de l'attentat, les assaillants avaient attiré les gens, et surtout les enfants, en distribuant des sachets de chips, avant de faire exploser leur camion à proximité des bus.

Dans un coin de la cour du mausolée, dont le sol est recouvert de tapis rouges, des dizaines de femmes vêtues de noir se tiennent debout dans un coin, égrenant en pleurant les noms de leurs proches tombés dans l'attentat.

Ravagée par la douleur, Wafaa Homsi regarde les rangées de cercueils, dont celui de sa fille Raghd, qui a perdu la vie à 13 ans.

"J'espère qu'elle est au paradis et que Dieu se vengera d'eux (les attaquants) car ils ont brisé ma famille", dit-elle en sanglotant.

"Ma fille va être enterrée ici. Mon mari et deux de mes fils sont toujours portés disparus. Nous attendons d'avoir des nouvelles, n'importe lesquelles, mais des nouvelles", confie-t-elle à l'AFP.

Certains parents des défunts jettent des fleurs sur les cercueils alors que d'autres portent des photos de l'attaque.

"De quoi était-il coupable?", pouvait-on lire sur la photo d'un enfant.

Haïfa, vêtue de noir, éclate en sanglots en parlant de la perte de son fils Ali, âgé de six ans.

"J'aimerais faire revenir le temps en arrière et qu'Ali puisse revenir", dit-elle. Deux de ses six enfants ont également été blessés et sont soignés à l'hôpital.

L'évacuation de Foua et Kafraya, ainsi que de plusieurs localités rebelles assiégées, a été la plus vaste opération d'évacuation de localités assiégées depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.

Avec AFP

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