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Evacuations de blessés de villes assiégées, négociations incertaines en Syrie


Ruines de Palmyre, en Syrie centrale, 28 Mars, 2016..(SANA via AP)

Ruines de Palmyre, en Syrie centrale, 28 Mars, 2016..(SANA via AP)

L'ONU a commencé à évacuer 500 blessés et malades de quatre villes assiégées tandis que l'incertitude persiste à Genève sur la poursuite des négociations de paix après le départ d'une partie de l'opposition.

La trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie qui est entrée en vigueur le 27 février semble elle aussi menacée après des violations tant par le régime que par les rebelles.

L'évacuation qui a débuté mercredi "concerne les gens blessés ou malades de quatre villes assiégées" a indique à l'AFP une source de l'ONU à Damas.

Le premier bus, qui comptait 15 jeunes gens et 10 personnes âgées, a quitté en fin d'après-midi la localité rebelle de Zabadani, à l'ouest de Damas, qui est assiégée par les forces du régime, a observé un journaliste de l'AFP.

Les passagers ont été examinés par une équipe médicale avant de monter dans un bus, a constaté ce journaliste.

Une source militaire a indiqué que 225 autres personnes seront évacuées de la localité rebelle voisine de Madaya, également assiégée par les forces favorables au président Bachar al-Assad.

Plusieurs personnes sont mortes de faim à Madaya, une cité qui a symbolisé au début de l'année les souffrances endurées par la population depuis le début de la guerre en 2011.

En même temps que ces évacuations, un bus quittait avec des blessées et leur famille les localités chiites de Foua et Kafraya, favorables au régime, et encerclées depuis des mois par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), selon une source de sécurité sur le terrain.

Négociations incertaines

A Genève, les pourparlers qui doivent en principe aboutir à la fin d'une guerre qui a fait plus de 270.000 morts, battent de l'aile avec le départ de la majorité des négociateurs des principaux groupes de l'opposition réunis au sein du Haut comité des négociations (HCN).

Ils ont jugé "inacceptable" de poursuivre les discussions avec le régime de Damas qu'ils accusent de massacrer des civils. Le HCN a toutefois laissé sur place une équipe "technique" qui poursuivra les pourparlers depuis son hotel.

Pour le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, ce départ est une bonne chose.

"En partant, ils ont peut-être levé le principal obstacle" aux pourparlers "et cela va nous permettre de trouver une solution", a-t-il affirmé, accusant le HCN d'être des "extrémistes, terroristes et mercenaires" à la solde de l'Arabie saoudite.

"Dans tous les cas, aucune faction ne dispose d'un droit de veto lui permettant de confisquer les pourparlers", a-t-il affirmé.

L'opposition insiste pour la constitution d'un "organe gouvernemental de transition" doté de pouvoirs exécutifs et dont serait exclu le président Assad, ce qui est une ligne rouge pour le régime syrien.

M. Jaafari a souligné mercredi que la solution politique en Syrie doit reposer sur un "gouvernement d'union nationale élargi, une Constitution et des élections législatives".

Concernant la composition de ce gouvernement élargi, il a indiqué qu'il devrait être ouvert à "des membres qui rejettent le terrorisme" et des représentants de l'"opposition nationale qui ne travaillent pas pour le compte de puissances étrangères".

Il a ajouté que le futur gouvernement devrait inclure des "représentants de notre gouvernement actuel", des "technocrates et des figures indépendantes".

Sur le terrain, le groupe jihadiste État islamique (EI) s'est emparé d'un des quartiers gouvernementaux de la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, se rapprochant de l'aéroport aux mains de l'armée, a indiqué mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"L'EI a pris le contrôle mardi soir du quartier d'al-Sinaa à Deir Ezzor et les combats se poursuivent à la lisière de l'aéroport", a affirmé l'OSDH.

La majorité de la province de Deir Ezzor est aux mains de l'EI depuis 2014, à l'exception d'une partie de la capitale éponyme qui reste contrôlée par les forces gouvernementales et où vivent 200.000 habitants, totalement assiégés par l'EI.

Par ailleurs, dans la ville septentrionale d'Alep, sept personnes sont mortes dans des raids du régime sur le quartier de Salahedinne (est), tenu par les rebelles, selon l'OSDH.

L'ancienne capitale économique de Syrie est divisée en deux depuis 2012: les quartiers ouest sont tenus par le régime, ceux de l'est sont contrôlés par des rebelles.

Avec AFP

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