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Syrie : craintes de "massacres" à Deir Ezzor, où l'EI renforce son siège


Deir Ezzor province, with al-Bokamal and al-Mayadin

Deir Ezzor province, with al-Bokamal and al-Mayadin

Les jihadistes du groupe Etat islamique contrôlent désormais 60 % de la ville de Deir Ezzor, et renforcent le siège des quartiers centre, ouest et sud-ouest. Quelque 270 otages ont été libérés.

Le groupe Etat islamique (EI) resserre l'étau sur la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, où la population vit dans la terreur après la mort ces derniers jours de dizaines de civils et l'enlèvement de 400 habitants, dont 270 ont été libérés.

De violents combats se poursuivaient mercredi 20 janvier pour la cinquième journée consécutive après un assaut d'envergure lancé samedi par l'EI sur Deir Ezzor, capitale de la province éponyme riche en pétrole à 450 km au nord-est de Damas.

Les jihadistes contrôlent désormais 60 % de la ville, où habitent encore 200 000 personnes. Ils renforcent le siège sur les quartiers encore aux mains des forces gouvernementales dans le centre, l'ouest et le sud-ouest.

Selon l'ONU, environ 70 % des habitants des quartiers assiégés sont des femmes et des enfants.

"Les gens ont peur, la situation est devenue très difficile, a témoigné Attiyeh, un habitant joint par téléphone. La nourriture et les légumes sont rares et nous commençons à avoir des problèmes avec le pain."

L'EI s'est en effet emparé ce week-end d'Al-Bgheliyeh, une banlieue du nord-ouest de la ville, qui en était le centre agricole.

Otages libérés

"Si la ville tombe, ce sera un massacre", craint Attiyeh, en faisant référence aux informations diffusés par les médias officiels faisant état du meurtre par l'EI de plus de 300 civils samedi, lorsque l'EI avait mené une dizaine d'attaques-suicide et pris d'assaut des positions gouvernementales.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé pour sa part d'au moins 85 civils tués pour cette seule journée.

L'attaque et les combats qui ont eu lieu depuis ont fait 120 morts dans les rangs des forces gouvernementales, dont beaucoup ont été exécutés par l'EI, a indiqué mardi l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne qui dispose d'un vaste réseau de sources médicales et de militants sur le terrain. Elle a fait état de 70 jihadistes tués dans les combats.

Outre les civils tués, au moins 400 civils avaient été enlevés samedi par le groupe à Al-Bgheliyeh et dans d'autres secteurs alentours, selon l'OSDH.

L'ONG a indiqué mercredi que 270 d'entre eux - surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées - avaient été libérés mardi après avoir été interrogés par les jihadistes sur leurs éventuels liens avec le régime.

Le groupe jihadiste détient encore 130 civils, essentiellement des jeunes et des hommes adultes, qui sont toujours interrogés, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Crainte de massacres

"Je crains qu'il y ait des massacres si Daech (acronyme en arabe de l'EI) envahit le quartier" d'al-Joura, dans le centre-ville, a confié à l'AFP Ghaleb al-Haj Hamdoun, un étudiant de 23 ans.

Depuis un an, les jihadistes, qui contrôlent la majorité de la province, bloquent l'accès à la plus grande partie de la ville ce qui a conduit "à un important manque de nourriture, de médicaments et services de base", selon l'ONU.

"L'ONU a reçu des rapports crédibles sur l'exécution, le rapt et la détention de civils, dont des personnes qui tentaient de faire entrer clandestinement de la nourriture" dans les parties assiégées, a indiqué à l'AFP Linda Tom, porte-parole du bureau chargé de la coordination des affaires humanitaires (Ocha).

Dans une note publiée juste avant les dernières attaques, Ocha indiquait que la majorité des habitants vivaient essentiellement de pain et d'eau.

Les autorités syriennes ont largué des produits de première nécessité sur la ville le 11 janvier et le gouvernement russe a indiqué quelques jours plus tard avoir fait de même dans les secteurs assiégés.

Plus de 260 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011, et des millions ont dû fuir leur foyer.

Avec AFP

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