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Attentat du groupe Etat islamique dans une ville à majorité kurde en Syrie


Cette photo publiée par l'agence de presse officielle syrienne SANA donne une idée des dégâts causés par le double attentat qui a frappé la ville kurde de Qamichli, en Syrie, le 27 juillet 2016.

Cette photo publiée par l'agence de presse officielle syrienne SANA donne une idée des dégâts causés par le double attentat qui a frappé la ville kurde de Qamichli, en Syrie, le 27 juillet 2016.

Au moins 44 personnes ont été tuées à Qamichli dans une attaque suicide revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), disant répondre aux raids de la coalition anti-jihadistes soutenant les forces kurdes.

Cet attentat est le plus meurtrier à toucher cette ville du nord-est syrien, essentiellement contrôlée par les forces kurdes, depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.

Les médias officiels ont fait état d'un bilan de "44 morts et 140 blessés, dont plusieurs grièvement atteints". L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé de 48 morts.

L'attentat a eu lieu dans un secteur de l'ouest de Qamichli où se trouvent notamment des services de sécurité de l'administration kurde, selon un correspondant de l'AFP.

Il a été revendiqué par l'EI, dont ce n'est pas le premier attentat antikurde à Qamichli, ville dont les forces kurdes et celles du régime de Bachar al-Assad se partagent le contrôle.

Dans un communiqué, le groupe jihadiste a affirmé que l'attaque avait été perpétrée par un kamikaze à bord d'un camion piégé en réponse aux raids aériens de la coalition antijihadistes sur Minbej (nord), fief de l'EI assiégé depuis plusieurs semaines par les forces d'une alliance de combattants kurdes et arabes syriens.

Des images tournées par un vidéaste de l'AFP montrent plusieurs immeubles très endommagés, des civils en détresse dans les décombres ainsi que des carcasses de voitures carbonisées.

- Hôpitaux débordés -

Un homme couvert de sang court. Il tient par la main un petit garçon dont le visage est recouvert de poussière et de sang.

Une femme pleure et crie, ses habits déchirés. Une fille et un garçon sont debout devant elle, dans un état de choc.

"Vu le bilan et les dégâts, cet attentat est le plus meurtrier à Qamichli depuis le début de la guerre" en 2011, a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

L'explosion du camion piégé a provoqué une autre déflagration, causée par un réservoir de gaz tout proche, selon des sources concordantes.

Une source au sein des services de sécurité kurdes (Assayech) a fait état d'hôpitaux débordés par le grand nombre de victimes.

Le gouverneur de la province de Hassaké, où se trouve Qamichli, a lancé un appel aux dons de sang, selon la télévision nationale.

La majorité de la province de Hassaké est contrôlée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force militaire kurde), qui ont annoncé en mars la création de zones "autonomes" dans le nord-est syrien.

Les combattants kurdes sont à la pointe du combat contre l'EI et ont remporté plusieurs victoires dans le nord et l'est de la Syrie mais les jihadistes ont répliqué par une série d'attaques suicide.

Le Pentagone considère les forces kurdes comme la force la plus efficace dans la lutte contre l'EI en Syrie, où le groupe jihadiste a été expulsé de plusieurs villes par les YPG soutenues par les frappes de la coalition dirigée par Washington.

- Rebelles assiégés à Alep -

La guerre en Syrie, déclenchée par la répression d'une révolte contre le régime, implique une multitude d'acteurs et de puissances étrangères sur un territoire totalement morcelé.

Elle a fait en cinq ans plus de 280.000 morts et contraint plus de la moitié de la population à fuir ses foyers.

Toujours dans le nord du pays, au moins 16 civils ont été tués dans des frappes aériennes et des tirs d'artillerie du régime sur un quartier rebelle d'Alep, selon l'OSDH.

Le bilan pourrait s'alourdir car des personnes sont encore coincées sous les décombres des bâtiments touchés, selon l'OSDH.

Ces bombardements interviennent alors que l'armée du régime a officiellement annoncé avoir totalement assiégé la partie d'Alep contrôlée par les insurgés.

L'ex-capitale économique de Syrie est divisée depuis 2012 entre des quartiers tenus par le régime à l'ouest et d'autres contrôlés par des insurgés à l'est.

Mais le secteur rebelle est de facto assiégé depuis le 7 juillet quand les forces gouvernementales ont réussi à couper la route du Castello, son dernier axe de ravitaillement.

Les quartiers tenus par les insurgés ont été régulièrement bombardés ces derniers jours et les forces du régime ont poursuivi leur avancée, s'emparant de la route du Castello et d'au moins un quartier rebelle situé à la périphérie nord-ouest de la ville.

Avec AFP

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