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Syrie : pas de relâche dans la répression


Phoro prise sur YouTube de manifestants marchant à Lattaquié

Phoro prise sur YouTube de manifestants marchant à Lattaquié

Les forces de sécurité ont tiré, à plusieurs reprises, sur la foule à Hama et Deir Ez-zor. Les organisations de défense des droits de l’homme estiment que les cinq mois de soulèvement populaire en Syrie ont fait maintenant à plus de 1.700 morts.

Au moins 11 personnes ont trouvé la mort à travers la Syrie, dans des heurts entre les forces de sécurité et des manifestants descendus dans la rue après la prière du vendredi.

Les forces de sécurité avaient pris les devants en procédant, très tôt, à des raids avant la prière du vendredi. Selon les militants anti-gouvernementaux, des manifestants ont été tués notamment à Alep, Homs, dans la banlieue de Damas et dans le Nord-ouest du pays, près de la frontière turque. Les forces de sécurité ont tiré, à plusieurs reprises, sur la foule à Hama et Deir Ez-zor. Les organisations de défense des droits de l’homme estiment que les cinq mois de soulèvement populaire en Syrie ont fait maintenant à plus de 1.700 morts.

Quelques Bahrainis,dont plusieurs d'origine syrienne, protestant contre le régime de Bachar al-Assad

Quelques Bahrainis,dont plusieurs d'origine syrienne, protestant contre le régime de Bachar al-Assad

Wissam Tarif, spécialiste de la Syrie au groupe Avaaz, dit que son groupe s’apprête à saisir les Nations Unies pour que des chefs d’accusation de crimes contre l’humanité soient retenus contre le gouvernement du président Bachar Al-Assad.

« Nous avons documenté différentes formes de violation des droits humains, de détentions arbitraires, de tortures, de tueries de masse, de sièges de villes et de disparitions forcées », a dit Wissam Tarif, précisant que son groupe a répertorié près de 3.000 disparitions et quelque 25.000 cas de détention arbitraire au cours des cinq derniers mois.

De son côté, le gouvernement syrien dit qu’il est aux prises avec des gangs de terroristes armés. Toutefois, les témoins disent que les victimes étaient, pour la plupart, des civils.

Une manifestante anti-Assad

Une manifestante anti-Assad

La situation actuelle traduit un désespoir croissant des autorités de Damas, estime Nadim Shehadi, un expert de la Syrie à Chatham House, un groupe de réflexion basé à Londres. « Le régime a franchi le Rubicon et il a perdu son pouvoir et sa légitimité. Et il est très clair qu’il n’y a aucun moyen de rebrousser chemin et repartir à la case départ », a souligné Shehadi. Toutefois, selon lui, les messages que Damas reçoit de la communauté internationale sont interprétés comme des exhortations au maintien de Bachar Al-Assad au pouvoir.

L’expert de Chatham House accuse le gouvernement syrien d’encourager la violence dans l’espoir de créer l’impression que lui seul peut maintenir l’ordre et la stabilité dans le pays.

Syrie : pas de relâche dans la répression

Syrie : pas de relâche dans la répression

Au plan international, le président Barack Obama s’est entretenu au téléphone, hier, de la situation avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Les deux hommes sont d’accord quant à la nécessité d’une transition vers la démocratie et la fin immédiate du bain de sang en Syrie.

Dans une interview hier à la Chaine américaine CBS, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a exhorté l’Europe et la Chine à prendre de nouvelles sanctions contre les secteurs pétrolier et gazier de la Syrie. A la question de savoir pourquoi les Etats-Unis n’ont toujours pas demandé la démission du président syrien, Mme Clinton a répondu qu’il est important que Washington ne soit pas seul à le faire.

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