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Suite à son dernier échec électoral, le parti au pouvoir au Nigéria s'interroge


Le président Goodluck Jonathan est satisfait du scrutin dans l'Etat d'Ondo, mais son parti fait grise mine

Le président Goodluck Jonathan est satisfait du scrutin dans l'Etat d'Ondo, mais son parti fait grise mine

Le parti au pouvoir au Nigeria divisé, suite à son échec électoral, car il n’a pas réussi à faire élire son candidat gouverneur de l'Etat d'Ondo, dans le sud du pays.

Les dirigeants du parti au pouvoir dans l’Etat d’Ondo appellent à une enquête sur des allégations de fraude alors même que le président Goodluck Jonathan souligne que le scrutin témoigne de l’essor de la démocratie dans le pays. Mais selon des analystes, ces élections locales sont un terrain d’essai pour la présidentielle prévue en 2015.

La lutte est plus âpre dans le sud, d’où est originaire le président Jonathan. C'est aussi la région où il ne peut pas se permettre de perdre, s'il se présente à nouveau.

Ovie Joseph, un membre du People's Democratic Party, explique que les Nigérians du Sud du pays perdent leur enthousiasme pour le président, ce qui explique la défaite du parti à l’élection au poste de gouverneur.

« Nous avons pensé, vu la façon dont la situation évoluait, qu’il serait le Messie et nous conduirait à la terre promise. Mais vu la façon dont les choses se présentent, nous sommes déçus », explique M. Joseph.

Le gouverneur sortant, Olusegun Mimiko, est membre du Parti travailliste, petite formation peu populaire dans la plupart du pays. Mais il s’est fait réélire le week-end dernier avec plus de 46% des voix. Les analystes ont pris note, d’autant que les élections de juillet dans l'Etat d'Edo, également dans le sud du Nigéria, ont été remportées par le principal parti d'opposition, l’Action Congress of Nigeria.

Tout en se félicitant de sa victoire, le gouverneur Mimiko a fait l'éloge du président pour la bonne tenue d’élections qu’il a qualifié de « pacifiques et justes ».

Si le parti au pouvoir avait avancé la candidature d’un sudiste, affirme l’expert en science politique Isitoiah Ozoemene, du College of Education dans l’Etat du Delta, il aurait pu gagner dans l’Ondo.

Mais c’est trop tard et les responsables de l’Action Congress of Nigeria dans l’Ondo font grise mine. Ils disent que ni le personnel, ni le matériel électoral, n’a pu parvenir dans certains secteurs, et que la sécurité était défaillante. Ils promettent de contester les résultats du scrutin, alors même que le président Jonathan se félicite lui de sa bonne tenue.

Par contre, au niveau national, l’Action Congress of Nigeria est plus réservé, et se contente de dire qu’il annoncera sa position d’ici à quelques jours.
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