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Obama tourné vers l'avenir


Barack Obama lors de son discours sur l'état de l'Union

Barack Obama lors de son discours sur l'état de l'Union

C’était son deuxième discours sur l’état de l’Union, son premier depuis que les démocrates ont perdu la majorité à la chambre des Représentants. Une partie de l’allocution était axée sur la relance de l’économie et la création d’emplois et là-dessus le chef de l’exécutif table sur les nouvelles technologies.

« Dans quelques semaines, j’enverrai au Congrès un budget qui contribuera à atteindre ce but. Nous investirons dans la recherche biomédicale, dans l’informatique, and surtout dans les énergies propres – un investissement qui renforcera notre sécurité, protégera notre planète et créera un grand nombre de nouveaux emplois pour notre peuple. »

Pour financer l’innovation, Barack Obama propose d’éliminer les milliards de dollars accordés chaque année en « cadeaux fiscaux » aux grandes compagnies pétrolières. Plutôt que de subventionner l'énergie du passé, investissons dans celle de demain, a dit président américain qui a fixé cet objectif : d’ici 2035, 80 % de la consommation d’énergie aux Etats-Unis devra provenir d’énergies propres : énergie éolienne, solaire, nucléaire, combustion propre du charbon, et gaz naturel.

Si le président propose d’éliminer les niches fiscales pour les plus riches, il demande aussi au Congrès d’abaisser le taux de l'impôt sur les sociétés pour la première fois en 25 ans, mais, souligne-t-il, sans augmenter le déficit.

Répondant aux préoccupations des républicains sur l’explosion du déficit budgétaire, le chef de la Maison Blanche a proposé un gel des dépenses publiques.

« Ce soir, je propose un gel, à partir de cette année, des dépenses nationales et ce, pour une période de cinq ans. Ceci réduirait le déficit de plus de 400 milliards de dollars sur dix ans ; les dépenses discrétionnaires représenteraient ainsi le plus faible pourcentage de l’économie américaine depuis la présidence de Dwight Eisenhower. »

Le président souligne cependant que ces compressions budgétaires ne devront pas nuire aux catégories les plus vulnérables

Répondant à une autre préoccupation des républicains, Barack Obama annonce une refonte en profondeur du gouvernement.

« Dans les mois qui viennent, mon administration va mettre au point une proposition pour fusionner, consolider et réorganiser la fonction publique fédérale de manière à mieux favoriser une Amérique plus compétitive. Je soumettrai cette proposition au vote du Congrès et nous travaillerons d’arrache-pied pour la faire adopter ».

Pour la création d’emplois, le président préconise par ailleurs un investissement conséquent dans les infrastructures : les routes, les trains à grande vitesse, mais aussi les autoroutes de l’information. Toutes les communautés, même les plus reculées doivent avoir accès à l’internet à haut débit, a-t-il lancé.

Investissement aussi dans l’éducation : Barack Obama a déploré qu’un quart des élèves ne finit pas le cycle secondaire. Il préconise notamment une revalorisation du métier de professeur. Et pour l’enseignement supérieur, le chef de la Maison-Blanche s’est fixé comme objectif que d’ici la fin de la décennie, les Etats-Unis devront avoir repris la première place mondiale du nombre de diplômés universitaires.

En matière de politique étrangères, le discours présidentiel était axé encore cette année sur la lutte contre le terrorisme. Il s’est félicité du départ d’Irak de 100 000 soldats américains et de l’amélioration de la situation sécuritaire. La guerre en Irak tire à sa fin, a-t- déclaré.

En Afghanistan, l’objectif des Etats-Unis reste d’empêcher Al-Qaïda de reprendre pied dans ce pays et de lancer de nouvelles attaques du type du 11 septembre 2001. Il a appelé à une meilleure gouvernance des autorités de Kaboul et il a dit qu’on pouvait envisager un début de retrait des troupes américaines dès cette année.

En ce qui concerne l’Afrique, le président américain a évoqué le Sud-Soudan. Avec notre assistance, les gens ont finalement pu voter pour l’indépendance après des années de guerre, a-t-il dit. Et puis il a enchaîné sur la Tunisie :

« Nous avons vu le même désir de liberté en Tunisie, où la volonté du peuple s’est avérée plus puissante que les décrets d’un dictateur. Et ce soir, soyons clairs : les Etats-Unis d’Amérique se tiennent aux côtés du peuple de Tunisie et appuient les aspirations démocratiques de tous les peuples. »

Dans sa réponse, le parti républicain a fustigé la politique économique de la Maison-Blanche par la voix du représentant du Wisconsin à la Chambre, Paul Ryan. Il accusé l’administration Obama d’avoir fait exploser le déficit budgétaire en raison notamment, a-t-il dit, de la réforme de l’assurance-santé. Paul Ryan a énoncé le credo républicain en ces termes :

« C’est notre conviction qu’un engagement renouvelé en faveur d’un gouvernement aux prérogatives limitées va libérer notre économie de ses entraves, créant des millions de nouveaux emplois et de nouvelles opportunités, pour le succès et la prospérité de tous, sans distinction. »

Pour contrecarrer ce qu'il a appelé l’irresponsabilité budgétaire de l’administration Obama, Paul Ryan, au nom des républicains, a proposé des réductions drastiques dans les dépenses publiques et une baisse des impôts.

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