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Discours sur l’état de l’Union : le président Obama a mis l’accent sur l’économie et l’égalité des chances


Le président Barack Obama s'adressant aux deux chambres du Congrès réunies. Derrière lui, à gauche, le vice-président Joseph Biden, et, à droite, le président de la Chambre des représentants, le député John Boehner.

Le président Barack Obama s'adressant aux deux chambres du Congrès réunies. Derrière lui, à gauche, le vice-président Joseph Biden, et, à droite, le président de la Chambre des représentants, le député John Boehner.

Il s’est félicité des résultats obtenus par son administration dans les domaines de l’emploi et de la réduction des déficits.

« Aussi longtemps que nous serons unis dans notre but commun, aussi longtemps que nous maintiendrons notre résolution commune, nous progresserons ensemble, notre avenir sera plein d’espoir, et l’état de notre Union sera toujours fort », a déclaré le président Barack Obama, mardi soir, dans son discours traditionnel sur l’état de l’Union devant les deux chambres réunies du Congrès, ici à Washington.

C’était un discours axé sur la politique intérieure américaine, particulièrement sur l’économie. Mais, à un peu plus de neuf mois de l'élection présidentielle dans laquelle il briguera un second mandat de quatre ans, le président Obama a commencé avec ses succès en politique étrangère, en rendant hommage aux troupes américaines et à leurs sacrifices :

«Pour la première fois en neuf ans, il n'y a pas d'Américains qui combattent en Irak. Pour la première fois en deux décennies, Oussama Ben Laden n'est plus une menace pour ce pays. La plupart des principaux responsables d'Al-Qaïda ont été vaincus. L’élan des Taliban a été freiné, et certaines troupes commencent à rentrer au pays », a déclaré M. Obama, en exhortant les parlementaires américains à suivre l’exemple des militaires, pour œuvrer de concert. L’objectif étant une Amérique–fer de lance dans les domaines de l’éducation, de la haute technologie et de l’énergie.

Barack Obama a, par ailleurs, tiré les leçons du Printemps arabe, du vent de changement qui a « balayé le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord – de Tunis au Caire, de Sana’a à Tripoli ».
Il y a un an, Mouammar Kadhafi était l’un des plus anciens dictateurs du monde – un meurtrier dont les mains étaient tachées de sang américain. Aujourd’hui, il n’est plus. Et en Syrie, le président est convaincu que le régime Assad découvrira bientôt qu’on ne peut pas empêcher le changement, ni empêcher la dignité humaine de triompher. Il a ajouté ne pas savoir « exactement comment s’achèvera cette incroyable transformation », tout en précisant :

« Nous nous opposerons à la violence et à l’intimidation. Et nous appuierons les droits et la dignité de tous les êtres humains – hommes et femmes ; chrétiens, musulmans et juifs. Nous appuierons les politiques qui favorisent l'émergence de démocraties fortes et stables, ainsi que des marchés ouverts, car la tyrannie ne fait pas le poids face à la liberté. »

Le président Obama a aussi parlé de l’Iran : « Qu'il n'y ait pas de doute à ce sujet : l'Amérique est déterminée à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, et je garde toutes les options sur la table pour atteindre ce but. Mais une résolution pacifique de cette question est encore possible », a-t-il déclaré.

Pour revenir sur la politique intérieure, le président a défini ses projets pour une économie « construite pour durer – une économie construite sur la manufacture, l’énergie, des travailleurs bien formés et un renouveau des valeurs américaines » : « Nous pouvons soit nous contenter d'un pays où un nombre de plus en plus faible de gens s'en sortent bien, pendant qu'une part croissante des Américains s'en sortent tout juste. Ou nous pouvons rétablir une économie où tout le monde a une chance, où tout le monde fait son dû, et tout le monde joue selon les mêmes règles », s’est écrié M. Obama.

Il s’est félicité des résultats obtenus par son administration dans les domaines de l’emploi et de la réduction des déficits, et il a mis en garde les Républicains au Congrès contre tout retour à une économie « affaiblie par les délocalisations, les mauvaises dettes et les bénéfices financiers douteux ».

« Tant que je serai président, je travaillerai avec quiconque dans ce Congrès pour capitaliser sur cet élan. Mais je compte combattre l’obstruction par l’action, et je m’opposerai à toute tentative de revenir aux politiques qui ont provoqué cette crise économique. »

Parmi les autres points évoqués par le président Obama dans son discours sur l’état de l’Union : une réforme du système fiscal pour faire payer plus les milliardaires et encourager les firmes américaines à créer des emplois sur place ; la Chine et la propriété intellectuelle ; les étudiants étrangers dont les papiers ne sont pas en règle (il a demandé au Congrès de ne plus expulser des jeunes gens responsables qui veulent travailler dans les laboratoires américains et créer de nouvelles entreprises), ainsi que l’indépendance énergétique…

Pour leur réponse au discours du président Obama, les Républicains ont fait appel au gouverneur de l’Indiana, Mitch Daniels. Il a reproché au président d’avoir échoué à résoudre la crise économique et financière héritée de Georges W. Bush. Pour M. Daniels, il n’est ni juste, ni correct pour le président d’affirmer que les parlementaires républicains ont été « un obstacle au redressement économique ».

Quelques réactions d’analystes au discours sur l’Etat de l’Union :

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