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Soupçons de corruption contre Eni et Shell : le Nigeria pas partie civile


Le patron d'Eni Claudio Descalzi, 20 janvier 2015

Le gouvernement du Nigeria n'a pas demandé à être partie civile dans le procès à venir en Italie sur des soupçons de corruption dans le cadre de l'attribution d'un bloc pétrolier offshore en 2011 dans ce pays. Une audience préliminaire s'est tenue jeudi .

Le procureur de Milan (nord) a requis le renvoi de 11 personnes, dont l'actuel patron d'Eni Claudio Descalzi, ainsi que des entreprises Eni et Shell, dans ce dossier.

Un juge doit encore décider de ce renvoi. La prochaine audience a été fixée au 11 mai.

Trois ONG ont en revanche demandé à pouvoir se constituer partie civile: l'italienne Re Common, la nigériane Heda et la britannique The Corner House.

Eni et Shell ont toujours nié toute responsabilité.

Les deux groupes ont versé 1,092 milliard d'euros pour l'acquisition de ce bloc pétrolier, baptisé OPL 245. Mais cet argent n'est pas allé à l'Etat nigérian mais à des individus.

Claudio Descalzi a toujours affirmé que son groupe n'avait "rien fait d'illégal", assurant qu'"Eni et Shell ont payé le gouvernement nigérian, et n'ont pas été impliqués dans la décision du gouvernement sur la manière d'utiliser cet argent".

L'affaire remonte à 2011, avec l'arrivée au pouvoir au Nigeria de Goodluck Jonathan, qui reprend les négociations pour vendre ce bloc extrêmement convoité, d'une capacité de production de plus de neuf milliards de barils (soit une valeur de 500 milliards d'euros environ au prix actuel du baril).

OPL 245 était alors aux mains de l'ancien ministre du Pétrole sous le régime du dictateur Sani Abacha, Dan Etete, qui se l'était attribué dans le plus grand secret, en le vendant à la société Malabu Oil & Gas, dont il était le seul actionnaire.

Celui-ci aurait reçu 800 millions d'euros de commission, d'après la justice italienne.

Avec AFP

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