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Dembélé, le diamant brut de Dortmund


Ousmane Dembélé le 27 août 2016.

"Ce qu'il nous a donné jusqu'à maintenant, l'expression de son immense talent, on ne s'y attendait pas, on ne pouvait pas s'y attendre". Bluffé, Thomas Tuchel, le coach du Borussia Dortmund, n'a pas assez de mots pour chanter les louanges d'Ousmane Dembélé.

Samedi contre Mönchengladbach (4-1), le Français de 19 ans, arrivé de Rennes à l'intersaison, a sans doute livré son meilleur match en jaune et noir : auteur d'un but, il a été directement à l'origine des trois autres.

"Il a défendu avec concentration et application, et il a fait la différence dans les situations où nous en avions besoin", a commenté Tuchel, qui devrait l'aligner mercredi en C1 à Madrid contre le Real, dans le match qui décidera de la première place du groupe F.

Ousmane Dembélé à Dortmund le 17 août 2016.

Ousmane Dembélé à Dortmund le 17 août 2016.

En débarquant à Dortmund, l'adolescent n'avait pour tout bagage qu'un talent brut : sa vitesse et un dribble déroutant. "Nous attendions un jeune joueur très doué, fort en un contre un, avec un potentiel incroyable. De ce point de vue-là, nous sommes très contents de lui", avait lancé son directeur sportif Michael Zorc après quelques matches.

Mais en quatre mois, Dembélé a formidablement étoffé son jeu. "Dans le secteur offensif mais surtout défensif", dit-il lui-même: "Le coach me demande de défendre beaucoup, de contre-presser, quand je perds le ballon, de ne pas m'arrêter. De harceler directement l'adversaire (...) c'est sûr que j'ai passé un cap".

- Ne pas le griller -

Un cap ? Que dit-il ? Une péninsule ! Dans le domaine tactique et de l'intégration dans le système de jeu exigeant de Dortmund, fondé sur le pressing haut, la récupération rapide et la possession de balle.

"Je trouve son évolution incroyablement positive. Il joue un rôle de soutien, exactement comme nous l'attendions de lui", dit Tuchel, presque inquiet d'avoir donné trop de responsabilités à son jeune prodige, en raison de blessures nombreuses dans l'effectif en début de saison. "Ce serait sûrement parfois plus simple pour lui s'il pouvait juste laisser fleurir son talent dans l'ombre d'un Marco Reus, par exemple".

Car le coach, persuadé de tenir un futur très grand, ne veut surtout pas "griller" le néo-international : "Il doit garder cette jeunesse, cette envie et cette insouciance. Nous voulons lui laisser la liberté, lui laisser vivre sa créativité et sa force en un contre un. Et faire en sorte d'intégrer son jeu dans la structure de l'équipe".

Pierre-Emerick Aubameyang félicite Ousmane Dembélé le 3 décembre 2016.

Pierre-Emerick Aubameyang félicite Ousmane Dembélé le 3 décembre 2016.

En arrivant dans la Ruhr, Dembélé a eu la chance d'être pris en amitié par le ballon d'Or africain 2015, Pierre-Emerick Aubameyang, 27 ans : "Ousmane est un très bon joueur avec beaucoup de qualités de dribbleur", disait-il en septembre. "Mais il va falloir qu'il travaille beaucoup sa concentration, qu'il perde moins de ballons. C'est normal quand on est un dribbleur mais il faut travailler ça".

Les leçons d'Aubam

"Aubam", qui couve Dembélé comme un grand frère, mettait le doigt sur l'une des lacunes de l'ex-Rennais : des passes à l'adversaire trop nombreuses, et trop dangereuses lorsqu'on affronte des monstres d'efficacité comme le Bayern ou le Real Madrid.

Autre point à améliorer, une certaine fébrilité devant le but, avec beaucoup de tirs non cadrés dans des situations pourtant favorables.

Aubameyang, toujours : "Il faut qu'il continue à bosser. S'il réussit à finir tout le temps ses actions, à être régulier, il va forcément devenir un top joueur. J'essaie de le prendre un maximum à la fin des entraînements pour qu'on puisse bosser ensemble".

Samedi contre Mönchengladbach, Dembélé a marqué après un crochet à l'entrée de la surface pour mettre deux défenseurs dans le vent, d'un tir plein de sang froid à ras de terre dans l'angle du but. Les cours particuliers d'Aubameyang portent leurs fruits...

Avec AFP

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