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Spécial procès Gbagbo : premier ancien président africain devant la CPI


Laurent Gbagbo lors de sa première comparution à la CPI (5 déc. 2011)

Laurent Gbagbo lors de sa première comparution à la CPI (5 déc. 2011)

Le procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s’ouvre le 28 janvier devant la Cour Pénale Internationale à La Haye. VOA Afrique vous propose différentes analyses et réactions sur ce procès historique.

M. Gbagbo va comparaitre en même temps que Charles Blé Goudé, ancien leader des jeunes patriots.

Ils sont accusés de crimes contre l’Humanité pour leur rôle présumé dans la crise postélectorale qui a fait près de 3000 morts en Côte d’Ivoire.

Tout à l’heure devant les juges de la Cour Pénale Internationale à La Haye l’ancien président ivoirien va comparaitre en même temps que Charles Blé Goudé, ancien leader des jeunes patriotes.

Ils sont accusés de crimes contre l’Humanité pour leur rôle présumé dans la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois et M. Gbagbo avait finalement été arrêté en avril 2011 après plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne. L’audience débute à 8h30 TU.

Gaetan Moutou, chercheur à Amnesty International que VOA Afrique a interviewé, estime que le tribunal devrait au cours de ce procès se focaliser sur les exactions commises par toutes les parties impliquées dans des violations de l’homme et autres crimes depuis 2002 en Côte d’Ivoire.

"Amnesty souhaite que le tribunal ne s’arrête pas uniquement à ce symbole d’un ancien chef de l’Etat puisqu’entre 2002 et la période post-électorale, il y a eu d’autres violations qui ont été commises à la fois par les partisans de Laurent Gbagbo que par les partisans de Guillaume Soro dans les années 2002, et ensuite les partisans d’Alassane Ouattara ont aussi commis des exactions dont des crimes très graves peu de temps avant la chute de Laurent Gbagbo contre la population civile de l’ouest de la Côte d’Ivoire", soutient Gaetan Moutou.

Le chercheur d’Amnesty que toutes les milices ivoiriennes soient impliquées dans le procès et la Côte d’Ivoire accepte notamment de transférer à La Haye Simone Gbagbo, la dame ivoirienne de l’époque de la crise.

Précisons que l'ex-président ivoirien est accusé d'avoir fomenté une campagne de violences pour tenter de conserver le pouvoir. Quant à Charles Blé Goudé il aurait, lui, été à la tête d'hommes ayant tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir l'ex-chef de l'Etat au pouvoir.

Drissa Traoré est avocat ivoirien et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme.

"Je rappelle que Luiz Moreno Ocampo quand il était procureur avait indiqué qu’il poursuivrait dans les deux camps. Donc nous attendons que le travail se fasse dans la continuité pour que la lumière soit faite", affirme sur VOA Afrique Drissa Traoré depuis Abidjan.

Reporté à plusieurs reprises, ce procès est attendu autant par le camp Ouattara que par celui de Gbagbo, d'autant qu'il repose la question cruciale des rapports entre justice et réconciliation.

Dans les bastions des deux accusés, des écrans géants seront installés pour que la population puisse suivre les procédures.

En Côte d’Ivoire, le parti au pouvoir n’a pas la même lecture concernant ce procès de Laurent Gbagbo. Joël Nguessan porte-parole du RDR, le parti du président Alassane Ouattara

"Qui a recruté les mercenaires, qui a armé les miliciens, qui a tiré sur les femmes dans les marchés, qui a inventé l’article 125 où on mettait du pétrole sur des individus et puis on les brûlait ? C’est cette vérité que nous souhaitons avoir. Une fois que les Ivoiriens sauront les responsabilités et la vérité, la Cour pénale aura rempli sa mission", argumente Joel Nguessan porte-parole du RDR, le parti du président Alassane Ouattara.

Plus d'un millier de partisans de M. Gbagbo sont attendus pour une manifestation tout à l’heure devant les bâtiments de la CPI, à La Haye.

Pour le camp Gbagbo, ce dernier est un chantre du multipartisme et la France, ancienne puissance coloniale, est derrière le "complot" qui a entraîné la chute de Laurent Gbagbo

Pour Patrice Konté, l’un des organisateurs basé à Genève, "Laurent Gbagbo et Charles blé ont été déportés de manière abusive".

"Les Convois vont partir de partout et vont prendre d’assaut une seule direction : la Cour pénale internationale, pour dire que ‘ceux qui sont détenus de manière abusive doivent être libérés pour aller continuer leur combat en Côte d’Ivoire’ ", explique-t-il sur VOA Afrique.

Ici, aux Etats-Unis, ce procès sera très suivi par la communauté ivoirienne.

A Yopougon dans la banlieue d’Abidjan. Quelle est l’atmosphère dans ce qui était considéré comme le fief de Laurent Gbagbo et des jeunes patriotes.

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