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Soumaïla Cissé souligne la naïveté d'IBK dans la gestion du Nord du Mali


Soumaïla Cissé, le 13 août 2013

Soumaïla Cissé, le 13 août 2013

Malgré l’opération Serval et la présence onusienne dans le nord du pays, force est de constater que les groupes terroristes opèrent encore assez facilement dans la région. Une marge de manœuvre que critique Soumaïla Cissé. Le candidat malheureux à la dernière présidentielle estime que la politique du président Ibrahim Boubacar Keita n’est pas assez ferme. Entretien.

Quand le président Keita explique qu'il est impératif de mettre un terme à la situation à Kidal, qu'en pensez-vous ?

Soumaïla Cissé : "Depuis l'installation du président, la situation sécuritaire s’est envenimée, on est loin de la stabilité annoncée. Nous avons peur que l’impunité s’installe dans notre pays. Les gens ont été libérés d’une façon maladroite et les immunités ont été accordées à un certain nombre. La zone de Kidal est devenue une zone de non-droit."

Que faut-il faire à Kidal ?

Soumaïla Cissé : "Il faut parler beaucoup plus fermement. Il faut désarmer. On ne peut pas avoir un pays avec deux armées. Le problème du MNLA doit se régler comme avec n’importe quel mouvement terroriste. Partout dans le monde, les terroristes on les combats, on ne s’assoit pas à une table pour négocier. Il faut que la communauté internationale revoie cette situation. Il y a une confusion totale entre AQMI, MUJAO, MNLA. On ne sait pas qui est qui. Je ne veux pas accabler le président mais il fait preuve de trop de bonne foi, voire de naïveté. Il est temps de montrer les crocs et les muscles."

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Que pensez-vous de la présence de chefs rebelles sur les listes du RPM pour les prochaines élections ?

Soumaïla Cissé : "Cela brouille l’image. Dans la zone de Kidal, sur les quatre cercles, tout le monde est RPM. J’ai été le seul à présenter un candidat contre eux à Kidal. Nous connaissons la taille de nos chances dans cette zone-là. On ne peut pas accorder aux gens l’immunité et les retrouver le lendemain sur les listes du président. Ce n’est pas acceptable."

Concernant l’impunité, comment analyser-vous le mandat d’amener contre le général Amadou Haya Sanogo ?
Soumaïla Cissé : "Il y avait deux problèmes à régler, avant les élections, qui n’ont pas été résolus : la junte et le MNLA. Sinon, le président va passer ses cinq ans à gérer ces questions. La junte est toujours là et son pouvoir est bien présent. Il faut sortir de l’impunité. Aujourd’hui, s’il y a des problèmes à Kati, il faut les régler entièrement. Le président a dit lui-même que nul n’est au-dessus des lois. A ma connaissance, le général est toujours à sa place."

Concernant l’impunité, comment analyser-vous le mandat d’amener contre le général Amadou Haya Sanogo ?
Soumaïla Cissé : "Il y avait deux problèmes à régler, avant les élections, qui n’ont pas été résolus : la junte et le MNLA. Sinon, le président va passer ses cinq ans à gérer ces questions. La junte est toujours là et son pouvoir est bien présent. Il faut sortir de l’impunité. Aujourd’hui, s’il y a des problèmes à Kati, il faut les régler entièrement. Le président a dit lui-même que nul n’est au-dessus des lois. A ma connaissance, le général est toujours à sa place."

Avez-vous reçu des garanties concernant le prochain processus électoral ?
Soumaïla Cissé : "Non aucune. J’ai écrit au président, au Premier ministre et aux différentes chancelleries, personne ne m’a répondu. J’ai demandé une rencontre pour parler des dysfonctionnements lors du précèdent scrutin. Aucune réponse. Louis Michel pour l’Union européenne a demandé à ce que dix-huit points soient corrigés avant le prochain scrutin. Rien n’a été fait."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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