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Soudan : faute d'accord, les rebelles et l'armée préparent la reprise des combats


Une famille soudanaise fuyant le Nil Bleu vers le Soudan du sud, 12 décembre 2011.

Une famille soudanaise fuyant le Nil Bleu vers le Soudan du sud, 12 décembre 2011.

Les dernières négociations ayant échoué, le 24 novembre à Addis Abeba, le SPLM-N et l'armée soudanaise se préparent à reprendre les combats avec la fin de la saison des pluies.

Les forces gouvernementales et les rebelles des régions frontalières du Soudan se tiennent prêts pour une reprise des combats après l'échec des dernières négociations menées à Addis Abeba.

Ces pourparlers de paix ont été à nouveau ajournés le 24 novembre sans qu'un accord ait été trouvé sur un cessez-le-feu.

Leur objectif était de mettre fin aux conflits qui ravagent depuis 2011 les Etats du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, frontaliers du Soudan du Sud, et la région du Darfour (ouest) depuis 2003.

Aucune date n'a été fixée pour la reprise des négociations menées sous l'égide de l'Union africaine entre le gouvernement soudanais et des rebelles du Darfour et la branche nord du Mouvement de libération du Soudan (SPLM-N), actifs dans le Nil-Bleu et au Kordofan-Sud.

De ce fait, les camps rivaux se préparent à reprendre les combats avec la fin de la saison des pluies, qui a rendu les routes de la région impraticables jusqu'à la fin novembre.

Cessez-le-feu non respecté, selon le SPLM-N

"Nous nous attendons à une offensive. Le moral de nos troupes est au beau fixe, elles sont bien entraînées", a prévenu Arnu Lodi, membre du SPLM-N.

L'armée soudanaise se dit elle aussi en alerte maximale dans ces régions, ainsi qu'au Darfour. "Nous savons qu'ils se préparent et nous nous préparons aussi", a déclaré son porte-parole, le colonel Ahmed Khalifa al-Chami.

Les dernières négociations ont été menées au moment où ces régions frontalières connaissaient une période d'accalmie.

En septembre, le président soudanais Omar el-Béchir a annoncé un cessez-le-feu de deux mois pour encourager les rebelles à participer au processus de dialogue national, qui a été lancé le 10 octobre à Khartoum.

Mais le SPLM-N a accusé le régime d'avoir continué à mener des raids aériens. "En dépit du cessez-le-feu annoncé par le président, l'armée n'a pas abandonné son devoir de se mobiliser pour protéger le pays", a justifié M. Chami.

Terrain difficile

La reprise des combats "va infliger beaucoup de souffrances humaines, mais elle ne mettra pas fin à la rébellion", avertit Magdi al-Gizouli, un expert indépendant.

"Les forces armées vont tenter de contenir le SPLM-N autant que possible, comme au Darfour", estime-t-il.

Durant les deux dernières saisons sèches, le gouvernement a mené des frappes aériennes et des attaques terrestres dans le Nil-Bleu et le Kordofan-Sud, dont les monts Nuba restent un obstacle majeur pour le régime de Khartoum.

"Le terrain se prête difficilement aux combats, il est très montagneux", admet une source bien informée à Khartoum. "Je pense que le SPLM-N a profité de la saison des pluies pour renforcer ses positions."

Selon l'armée, les rebelles occupent désormais des poches de territoire, notamment dans les collines de Jabal Marra, au centre de la région.

Au Darfour, une milice progouvernementale a détruit et capturé en avril des dizaines de véhicules des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), leur faisant subir un revers majeur.

Misère des civils

Les pourparlers à Addis Abeba étaient les dixièmes du nom entre le SPLM-N et Khartoum, tandis que les rebelles du Darfour tenaient des négociations simultanées avec une seconde délégation du gouvernement.

Au terme des pourparlers, le SPLM-N et le pouvoir se sont accusés mutuellement de préparer le renforcement de leurs positions dans le Nil-Bleu et au Kordofan-Sud, sous couvert d'un cessez-le-feu humanitaire.

Pour les civils vivant dans ces zones, auxquelles le gouvernement bloque toute aide humanitaire, la reprise des combats implique une misère encore plus grande.

Environ 150 000 enfants dans le Kordofan-Sud et le Nil-Bleu n'ont pas pu être vaccinés en raison des difficultés d'accès, et 500 000 personnes ont été déplacées dans les deux régions, selon les Nations unies. Le conflit au Darfour a fait plus de 300 000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes, selon l'ONU.

"Les populations civiles sont prises en otage par ces combats armés", conclut M. Gizouli.

Avec AFP

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