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Soudan du Sud : un général accusé d’enlèvements de centaines d’enfants


D’anciens enfants-soldats du Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC) de Johnny Paul Koroma, près de Freetown, en Sierra Leone, mai 2000. (Nathalie Barge, VOA)

D’anciens enfants-soldats du Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC) de Johnny Paul Koroma, près de Freetown, en Sierra Leone, mai 2000. (Nathalie Barge, VOA)

L'armée sud-soudanaise a annoncé mardi avoir convoqué un de ses généraux soupçonné par l'ONU d'avoir enlevé des centaines d'enfants pour en faire des soldats.

Mi-février, l'Unicef avait affirmé que 89 adolescents avaient été enlevés dans la ville de Wau Shilluk, dans l'Etat pétrolier du Haut-Nil (nord-est).

Le week-end dernier, le fonds de l'ONU pour l'Enfance a revu ce chiffre à la hausse, estimant que des centaines d'enfants avaient sans doute été enlevés. Il a mis en cause le général Johnson Olony, à la tête d'une milice locale.

L'Unicef affirmait que la milice contrôlée par Olony était pro-gouvernementale. L'armée sud-soudanaise est allée plus loin mardi: elle affirme qu'Olony est l'un de ses généraux.

Selon le porte-parole de l'armée, Philip Aguer, Olony a été convoqué au quartier général de l'armée à Juba pour s'expliquer. "Nous croyons fermement que notre armée doit être forte et disciplinée et que nos enfants doivent être en bonne santé et éduqués".

Le porte-parole de la présidence sud-soudanaise, Ateny Wek Ateny, avait précédemment qualifié les auteurs d'enlèvements d'enfants de "Boko Haram du Soudan du Sud", en référence aux islamistes nigérians qui multiplient les kidnappings d'enfants.

Le Soudan du Sud est ravagé depuis décembre 2013 par un conflit civil, qui, à l'origine, opposait une faction de l'armée fidèle au président Salva Kiir à une autre, loyale à son rival et ancien vice-président Riek Machar.

Depuis, une vingtaines de groupes armés ou milices ont rejoint le conflit.

En près de 15 mois de conflit, de nombreux cessez-le-feu ont depuis été signés, mais n'ont jamais tenu plus de quelques heures ou quelques jours.

Salva Kiir et Riek Machar s'entretenaient à nouveau mardi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba pour tenter de boucler enfin un accord de paix. Les médiateurs du conflit -- les pays d'Afrique de l'Est -- leur ont donné jusqu'au 5 mars pour régler leurs différends.

La menace de sanctions internationales plane de plus en plus sur les belligérants. Les Etats-Unis, grand soutien du pays dans son chemin vers l'indépendance du Soudan, acquise en 2011, tentent de faire adopter une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU en ce sens.

La Chine, très présente dans le secteur pétrolier sud-soudanais, estime la menace contre-productive à ce stade.

La population de Wau Shilluk a cru drastiquement avec l'arrivée de dizaines de milliers de déplacés en 14 mois de guerre civile. Beaucoup ont fui la capitale de l'Etat, Malakal, où les combats ont été particulièrement violents.

VOA/AFP

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