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Soudan du Sud : le président s'excuse auprès du peuple pour les "insupportables souffrances"


Le président sud-soudanais Salva Kiir

Le président sud-soudanais Salva Kiir

Le président sud-soudanais Salva Kiir a présenté vendredi ses excuses pour deux années d'une guerre civile "absurde", tout en avertissant qu'il chasserait "comme des rats" ceux qui continueront à combattre.

"Je voudrais sincèrement m'excuser auprès du peuple sud-soudanais pour les souffrances inutiles et insupportables que vous, peuple du Sud-Soudan et pays bien-aimé, avez subis durant les 24 derniers mois", a déclaré Salva Kiir dans un discours diffusé vendredi sur la radio de l'ONU.

Le conflit sud-soudanais, marqué par des atrocités attribuées aux deux camps, gouvernemental et rebelle, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles.

L'Union africaine avait dénoncé fin octobre "l'extrême cruauté" des combattants contre les populations civiles et évoqué la mise en place d'une cour de justice spéciale.

Ces excuses interviennent après que M. Kiir a entériné la nomination de 50 députés issus de la rébellion, que dirige son ancien vice-président Riek Machar, et accepté un partage des postes ministériels avec celle-ci, conformément à l'accord de paix signé fin août pour mettre fin au conflit.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sur les ruines de décennies de conflit avec Khartoum, avant de replonger deux ans et demi plus tard dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques au sein de l'armée, alimentées par la rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar.

L'arrangement sur la composition du gouvernement de transition intervient avec beaucoup de retard sur le calendrier initial prévu par l'accord de paix, conclu le 26 août et qui prévoyait l'ouverture sous trois mois d'une période de transition, régie par des dispositions de partage du pouvoir, notamment ce gouvernement d'union.

Mais les combats n'ont jamais cessé depuis la signature de l'accord et de nombreuses échéances prévues ont été dépassées sans que les deux camps respectent leurs engagements.

Kiir, qui s'exprimait dans la capitale Juba à l'occasion d'un sommet de trois jours du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), le parti au pouvoir, a averti d'une "prolifération de bandits armés", lançant des attaques dans le sud du pays.

"Si ces personnes continuent à nous combattre alors que nous avons signé un accord... Je ne rappellerai pas mes forces armées qui continueront à les chasser comme des rats", a-t-il dit.

"La guerre a été coûteuse, que ce soit en terme de précieuses vies humaines, de propriétés ou de dignité, a ajouté le président, regrettant avoir "gaspillé beaucoup de la bonne volonté internationale".

Avec AFP

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