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Soudan du Sud : les rebelles mettent en garde contre un nouveau découpage du pays


Le chef de file de la rebellion Sud-soudanaise Riek Machar

Le chef de file de la rebellion Sud-soudanaise Riek Machar

Les rebelles sud-soudanais ont mis en garde mardi contre un risque de "retour à la guerre" si le gouvernement met en oeuvre son projet de multiplier par trois le nombre d'Etats dans le pays, une mesure qui selon eux sape l'accord de paix signé fin août.

Le président Salva Kiir a signé vendredi un décret devant faire passer de 10 à 28 le nombre d'Etats, ce qui rendrait obsolète le mécanisme de partage du pouvoir consenti dans l'accord de paix visant à mettre fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013.

"L'objectif de cette décision unilatérale est d'exacerber les sentiments tribaux des peuples du Soudan du Sud, pour qu'il y ait un retour à la guerre", a estimé un porte-parole des rebelles, Mabior Garang.

La mise en œuvre de ce décret présidentiel "causerait en réalité l'effondrement" de l'accord de paix, a-t-il prévenu.

Le 26 août, un accord de paix a été conclu par Salva Kiir et le chef de la rébellion, son ancien vice-président Riek Machar. Mais les deux camps s'accusent mutuellement de l'avoir violé et les combats continuent dans certaines régions du pays.

Cet accord prévoit un mécanisme complexe de partage du pouvoir aux niveaux national et local entre gouvernement et rebelles, pendant une "période transitoire" de 30 mois, devant s'ouvrir fin novembre, durant laquelle Salva Kiir reste président.

Les postes au sein des exécutifs locaux sont répartis de façon variable dans les 10 Etats, entre gouvernement et rebelles. Les rebelles récupèrent 40% des postes dans les exécutifs des deux Etats pétroliers d'Unité (nord) et du Haut-Nil (nord-est) et y nommeront les gouverneurs.

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La création de nouveaux Etats - les Etats d'Unité, du Haut-Nil et du Jonglei, principaux champs de bataille du conflit, doivent être divisés en 10 Etats - est censée favoriser une décentralisation du pouvoir, selon le gouvernement. Mais pour Mabior Garang, "c'est juste une nouvelle tentative par (certains éléments du) gouvernement de Salva Kiir de faire dérailler le processus de paix".

Dans un communiqué conjoint, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le commissaire européen aux Affaires humanitaires Christos Stylianides ont estimé que cette initiative allait "à l'encontre de l'esprit et de la lettre" de l'accord de paix.

Le décret présidentiel doit désormais être approuvé par le Parlement - presque entièrement acquis au président Kiir -, ce qui devrait être fait d'ici la fin octobre.

Avec AFP

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