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Soudan du Sud: les Casques bleus sont restés cloîtrés au lieu de protéger les civils


Des réfugiés sud-soudanais arrivant en Ethiopie. (Archives)

Des réfugiés sud-soudanais arrivant en Ethiopie. (Archives)

Les Casques bleus de l'ONU déployés au Soudan du Sud sont restés dans leurs bases plutôt que de protéger les civils pendant des combats à l'arme lourde début juillet dans la capitale Juba, a affirmé mercredi une ONG américaine.

Certains ont abandonné leur poste au sein des sites de "Protection des civils", où des dizaines de milliers de Sud-Soudanais se sont réfugiés au fil des combats déchirant le pays depuis décembre 2013, tandis qu'en dehors de ces camps, la présence onusienne était "inexistante", selon le CIVIC (Center for Civilians in Conflict).

Lorsque des travailleurs humanitaires étrangers ont été attaqués, et pour certains victimes de viols collectifs par des soldats sud-soudanais dans un hôtel proche d'une base onusienne, les Casques bleus n'ont pas répondu aux appels à l'aide, estime l'ONG dans un rapport.

"Les Nations unies doivent être transparentes quant à la réponse inadéquate de leurs forces de maintien de la paix, et s'assurer que ceux qui le doivent répondent de leurs actes", a ajouté le CIVIC dans un communiqué, près de deux mois après l'ouverture d'une enquête onusienne sur l'incapacité des Casques bleus à prévenir des exactions contre des civils.

Des responsables des opérations de maintien de la paix de l'ONU ont expliqué que ce rapport "soulevait un certain nombre de questions importantes", ajoutant que l'enquête confiée fin août par l'ONU à un général néerlandais à la retraite devait présenter ses conclusions rapidement.

Les sites onusiens offrant protection aux civils n'étaient "pas viables et ne pouvaient apporter une option fiable pour la sécurité physique" de dizaines de milliers de Sud-soudanais, a poursuivi le département des opérations de maintien de la paix dans une réponse écrite.

"L'investissement que nous devons faire de toute urgence et en priorité au Soudan du Sud, est de remettre le processus de paix sur les rails", ajoute le texte.

CIVIC a par ailleurs appelé l'ONU à imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud, indépendant depuis 2011. Le pays avait replongé en décembre 2013 , après que le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président Riek Machar de vouloir le renverser, dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts.

M. Machar était rentré à Juba en avril dans le cadre d'un fragile accord de paix signé en août 2015, mais des combats ont éclaté à Juba début juillet entre forces loyales à M. Kiir et forces fidèles à M. Machar. Ce dernier a depuis fui la capitale et se trouve à Khartoum, d'où il a appelé à une résistance armée.

Au moins 300 personnes ont été tuées dans les combats de juillet, durant lesquels des tirs d'artillerie ont touché deux bases de l'ONU et deux Casques bleus chinois ont été tués.

Début septembre, Salva Kiir a donné un accord de principe au déploiement de 4.000 Casques bleus supplémentaires dans le pays, en plus des 13.500 actuels, et promis de faciliter le travail de l'ONU. La mission de l'ONU dans le pays (Minuss) se plaint de fait d'être constamment harcelée ou limitée dans ses mouvements par les parties au conflit.

Les Casques bleus de la Minuss sont d'autre part accusés par une commission d'enquête de l'ONU d'avoir manqué à leur devoir de protéger les civils lors de l'attaque meurtrière d'un camp des Nations unies à Malakal (nord-est du Soudan du Sud) en février, qui avait fait au moins 30 morts et 123 blessés.

Avec AFP

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