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Soudan du Sud : les 16 réserves du président Kiir à l’accord de paix


Le président Salva Kiir du Soudan du Sud signe l'accord de paix avec à l'arrière-plan à gauche le président du Kenya Uhuru Kenyatta et à droite le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn mercredi 27 aout 2015 à Juba, Soudan du Sud.

Le président Salva Kiir du Soudan du Sud signe l'accord de paix avec à l'arrière-plan à gauche le président du Kenya Uhuru Kenyatta et à droite le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn mercredi 27 aout 2015 à Juba, Soudan du Sud.

Réticent, le président soudanais a quand-même signé l’accord de paix mais émettant 16 réserves.

Salva Kiir a notamment indiqué "rejeter" plusieurs clauses de l'accord et remis aux médiateurs ce document de 12 pages énumérant les points litigieux.

La principale réserve concerne le poste de Premier vice-président - créé au côté de l'actuel vice-président - attribué aux rebelles, dans lequel Juba voit une "prime à la rébellion". Il est notamment prévu que le président Kiir consulte son Premier vice-président - qui sera vraisemblablement le chef de la rébellion, Riek Machar (ancien vice-président) - en vue de décisions "collégiales".

Le gouvernement prône lui deux vice-présidents "d'égal pouvoir" aux "fonctions et devoirs" fixés par le chef de l'État. Il souhaite également que celui-ci reste maître de la constitution de son équipe gouvernementale et rejette la répartition des portefeuilles imposée par l'accord.

Le camp Kiir conteste en outre la prééminence (46% des sièges) accordée aux rebelles dans les exécutifs locaux des trois États-clés du Jonglei, Haut-Nil et Unité et y réclame 70% des postes. Il refuse que les rebelles désignent les gouverneurs du Haut-Nil et d'Unité et qu'ils aient le moindre siège dans les exécutifs des autres États du pays où l'accord leur en donne 15%.

Invoquant "une question de souveraineté", le gouvernement rejette toute démilitarisation de la capitale. L'accord impose le retrait sous 90 jours de toutes les forces dans un rayon de 25 kilomètres autour de Juba, condition essentielle au retour des responsables rebelles censés participer au gouvernement de transition.

Il conteste aussi le calendrier d'unification (18 mois) sous un nouveau nom des forces combattantes, insistant pour qu'il n'y ait plus qu'une seule armée, conservant son nom actuel, à l'ouverture de la période de transition, d'ici 90 jours.

Sont également contestés plusieurs paragraphes concernant les pouvoirs de la Commission conjointe de surveillance et d'Évaluation (JMEC) de l'accord, présidée par une "personnalité africaine", notamment ceux de "superviser" les institutions, dont le gouvernement de transition.

Ces dispositions "font de la JMEC l'autorité de gouvernement de la République du Soudan du Sud, (...) cela signifie tout simplement une prise de contrôle de la souveraineté du Soudan du Sud et de son indépendance", s'insurge le gouvernement.

Celui-ci réclame également la suppression de la disposition relative au désarmement des groupes armés soudanais, accusés de lui prêter main-forte. Ces groupes armés soudanais "ne sont pas présents au Soudan du Sud, nous n'avons pas de contrôle sur eux et ne pouvons donc ni les désarmer ni les démobiliser", affirme Juba.

D'autres dispositions sont également contestées entre autres concernant le mécanisme de réparation et compensation des victimes, la gestion du Fonds de reconstruction ou la création d'une Autorité de supervision des finances publiques.

Washington, à l'origine d'un projet de résolution prévoyant des sanctions contre ceux faisant obstacle à la paix, a fait savoir qu'il n'acceptait "aucune réserve ou ajout" à l'accord. Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné jusqu'au 1er septembre à M. Kiir pour retirer ses réserves.

Avec AFP

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