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Soudan du Sud: le conseil de sécurité de l'ONU rencontre le président Kiir


Le vice-président sud-soudanais Taban Deng Gai, à gauche, parle au président Salva Kiir, à droite, à Juba, Soudan du sud, le 26 juillet 2016.

Le vice-président sud-soudanais Taban Deng Gai, à gauche, parle au président Salva Kiir, à droite, à Juba, Soudan du sud, le 26 juillet 2016.

Les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU ont entamé dimanche en fin d'après-midi un entretien crucial avec le président sud-soudanais Salva Kiir à Juba portant sur le déploiement de Casques bleus supplémentaires dans son pays.

La rencontre se déroule au palais présidentiel, théâtre d'affrontements violents le 8 juillet entre les forces du président Kiir et la garde rapprochée de Riek Machar, ex-chef rebelle qui était encore à l'époque vice-président du gouvernement d'union nationale.

Dimanche, avant de débuter la rencontre, le président Kiir a tenu à montrer aux diplomates onusiens les stigmates de ces combats, impacts de balles sur les murs d'enceinte de la présidence, vitres brisées dans l'un des miradors. M. Kiir a depuis accusé son rival Riek Machar d'avoir voulu le tuer ce jour-là mais qu'il avait déjoué son plan et l'avait même aidé à quitter le palais en toute sécurité.

C'est à la suite de ces combats, qui avait duré plusieurs jours et fait des centaines de victimes dans la capitale, que le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé le 12 août le déploiement d'une force de protection, sur proposition des pays d'Afrique de l'Est.

Composée de troupes africaines, cette force est dotée d'un mandat plus robuste que celui de la mission de l'ONU dans la pays (Minuss - 13.000 hommes), critiquée pour son incapacité à protéger les civils en juillet.

Mais le président Salva Kiir se montre très réticent à l'idée de ce contingent supplémentaire, estimant que son mandat viole la souveraineté nationale. Plusieurs de ses ministres assurent également que cette force n'est pas nécessaire, dans la mesure où les soldats de Riek Machar ont fui la capitale à l'issue des combats de juillet et qu'il n'y a dès lors plus de risques d'affrontements sur place.

Riek Machar, dont la résidence avait été entièrement détruite pendant cette flambée de violences, avait aussi dû quitter Juba et, après plusieurs semaines dans le maquis avec le reste de ses troupes en fuite, a gagné Khartoum, où il est actuellement réfugié.

En son absence, il a été évincé de son poste de vice-président et remplacé par un de ses anciens alliés, Taban Deng Gai, au grand dam des partisans de Riek Machar qui dénoncent une trahison.

Le Conseil de sécurité, depuis son arrivée à Juba vendredi, parle d'une seule voix et insiste sur la nécessité du déploiement de la force de protection. Il a d'ailleurs reçu le soutien des principales autorités religieuses du pays.

En cas d'obstruction du gouvernement au déploiement de la nouvelle force, le Conseil de sécurité a déjà brandi la menace d'un embargo sur les armes.

Avec AFP

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