Liens d'accessibilité

La communauté internationale s'impatiente de la situation au Soudan du Sud


Le leader du Sud-Soudan, Salva Kiir, arrivant à Addis Ababa, le 12 juin, 2011

Le leader du Sud-Soudan, Salva Kiir, arrivant à Addis Ababa, le 12 juin, 2011

La communauté internationale commence à perdre patience devant les échecs répétés des belligérants sud-soudanais à mettre en oeuvre l'accord de paix signé il y a sept mois, a mis en garde jeudi le chef d'un groupe d'observateurs internationaux

Les combats continuent au Soudan du Sud malgré l'accord du 26 août 2015 qui était censé mettre fin à une terrible guerre civile de deux ans, a souligné Festus Mogae, qui dirige la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de cet accord, créée par l'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (IGAD).

"Permettez moi d'être franc et de vous dire que la patience de la communauté internationale, tout comme la mienne, est mise à rude épreuve", a déclaré M. Mogae.

"Je reste préoccupé par les retards actuels, les violations du cessez-le-feu et la détérioration de la situation économique" marquée par une inflation galopante et l'effondrement de l'industrie pétrolière dont dépend le gouvernement, a-t-il insisté.

Le chef de la rébellion Riek Machar a été nommé vice-président le 12 février par son ennemi juré le président Salva Kiir, ce qui semblait être une avancée symbolique dans la mise en oeuvre de l'accord de paix mais la composition d'un gouvernement d'unité et de transition est au point mort.

"Le mandat d'un gouvernement de transition, qui aurait du démarrer il y a des mois, passe rapidement", a souligné M. Mogae, avertissant que le pays "ne pouvait se permettre de nouveaux retards".

Le conflit implique désormais de multiples milices animées par des intérêts locaux et peu enclines à prendre en compte l'accord de paix, ce qui fait dire au chef de la JMEC que "la formation d'un nouveau gouvernement ne sera pas en soi une panacée" à la situation.

Par ailleurs, le porte-parole du président a annoncé jeudi que le chef de l'Etat avait limogé son ministre des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, pourtant l'un de ses plus fidèles et plus anciens alliés, précisant que "beaucoup d'éléments avaient contribué" à cette décision.

Ce renvoi de M. Benjamin intervient quelques jours après qu'il a qualifié d'"étranger" un ancien ministre devenu critique du gouvernement, Luka Biong Deng, qui est originaire de la région frontalière d'Abyei.

Cette région riche en pétrole est disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud. Ces déclarations de M. Benjamin avaient suscité de nombreuses et vives réactions au Soudan du Sud qui considère Abyei comme faisant partie intégrante du territoire national.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG