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Soudan du Sud : l'UA dénonce "l'extrême cruauté" des combattants des deux camps


 Des déplacés fuyant les affrontements à Kuernyang Payam, Soudan du Sud, 2 mai 2015. REUTERS/Denis Dumo

Des déplacés fuyant les affrontements à Kuernyang Payam, Soudan du Sud, 2 mai 2015. REUTERS/Denis Dumo

Cannibalisme forcé, viols et "autres actes inhumains" : les belligérants de la guerre civile au Soudan du Sud devront rendre des comptes, devant une cour, d'actes d'une "extrême cruauté" contre les populations civiles, estime l'Union africaine.

Une commission d'enquête de l'UA, conduite en 2014 par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a documenté dans un rapport de nombreuses exactions de combattants allant jusqu'à forcer les membres d'une communauté "à boire le sang et à manger de la chair humaine brûlée" des victimes de leur ethnie qui venaient d'être tuées.

"La plupart des atrocités ont été commises contre des populations civiles qui ne participent pas directement aux hostilités. Les lieux de prières et les hôpitaux ont été attaqués, l'aide humanitaire entravée, les villes pillées et détruites", peut-on lire dans le rapport de 342 pages publié mercredi.

Jointe par VOA Afrique, Jehanne Henry, chercheuse de Human Rights Watch, estime que "ce rapport va dans le bon sens, notamment la recommandation de mise en place d'un mécanisme de justice pour juger ces crimes".

Indépendant du Soudan depuis juillet 2011 après des décennies de conflit contre Khartoum, le Soudan du Sud a replongé en décembre 2013 dans la guerre civile, à la suite d'une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, sur fond de conflit ethnique.

Ponctué de massacres et d'atrocités régulièrement dénoncés par les organisations de défense des droits de l'Homme, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

Dans leur rapport, les membres de la commission de l'UA se sont notamment rendus dans les villes de Bor, Malakal et Bentiu, capitales respectives des États du Jonglei, du Haut-Nil et d'Unité, au cours de l'année 2014, et ont trouvé de nombreuses habitations, hôpitaux et bâtiments administratifs brûlés et détruits.

"Il existe des motifs raisonnables de croire que les actes d'assassinat, de viol et de violence sexuelle, de torture et autres actes inhumains (...) ont été commis par les deux parties au conflit", indiquent-ils, tout en estimant qu'il n'y a pas "de motifs raisonnables de croire que le crime de génocide a eu lieu" au Soudan du Sud.

Avec AFP

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