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Enfants-soldats: réintégration au Cameroun, intensification d'enrôlement au Soudan du Sud


D’anciens enfants-soldats du Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC) de Johnny Paul Koroma, près de Freetown, en Sierra Leone, mai 2000. (Nathalie Barge, VOA)

D’anciens enfants-soldats du Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC) de Johnny Paul Koroma, près de Freetown, en Sierra Leone, mai 2000. (Nathalie Barge, VOA)

L’Unicef a dénoncé vendredi l’enlèvement et l’enrôlement d’enfants au Soudan du Sud. Un scénario similaire dans l’Extrême-Nord du Cameroun où le groupe nigérian Boko Haram avait fait subir le même sort a des mineurs. L’année dernière, un groupe d’enfants avait pu être libéré par l’armée camerounaise.

Ces enfants ont été placés dans l'Institution camerounaise de l'enfance (ICE) de Maroua, un centre que le directeur régional pour l'Afrique au National Democratic Institute (NDI), Chris Fomunyoh, a visité.

Soudan du Sud : l'enrôlement forcé d'enfants-soldats, intensifié par l’armée et la rébellion

Au moins 12.000 enfants ont déjà été enrôlés de force aussi bien par l'armée sud-soudanaise que par les rebelles et la vingtaine de milices qui les soutiennent.

Les garçons sont les plus visés par ce recrutement. Le représentant de l'Unicef au Soudan du Sud, Jonathan Veitch, a dénoncé vendredi lors d'une conférence de presse à Genève, l’intensification du recrutement forcé d'enfants par les parties engagées au conflit armé au Soudan du Sud.

Selon lui, la situation est de plus en plus désespérée pour les garçons (...).

La pratique est beaucoup plus courante dans le Nord.

"Ils sont raflés et envoyés sur la ligne de front. Cela se passe au moment où je vous parle", a précisé M Veitch.

Le représentant de l'Unicef au Soudan du Sud s’est appuyé sur les informations vérifiées pour indiquer qu’au cours du seul mois dernier des centaines d'enfants ont été autorisés et nrôlés de force notamment dans l'Etat pétrolifère du Haut-Nil (nord-est), durant une attaque des miliciens pro-gouvernementaux du général Johnson Olony.

Le gouvernement et des mouvements rebelles et une vingtaine des groupes armés ont intensifié des affrontements entre eux depuis l’indépendance du pays en 2011, acquise après une longue guerre d’autodétermination avec le Soudan de 1986 à 2005.

Le recrutement d’enfants a particulièrement repris avec la éclaté la guerre civile, le 15 décembre 2013, lorsque le président Salva Kiir avait accusé son ancien vice-président Riek Machar de préparer un coup d'Etat.

"Malgré des appels au gouvernement et à la milice (...), aucun enfant n'a été relâché sans conditions", a déploré M. Veitch.

Certains enfants ont depuis été autorisés à rentrer chez eux pendant la journée mais restent obligés de retourner dans des camps d'entraînement pour la nuit, tandis que l'Unicef dispose d'"informations crédibles" indiquant que d'autres ont déjà été envoyés sur la ligne de front, à Kaka.

Dans l'Etat d'Unité (nord), la situation en zone rebelle s'est également gravement détériorée, avec des combattants venant rafler hommes et enfants, a décrit le représentant de l'Unicef.

L'agence de l'ONU a récemment négocié la libération de 3.000 enfants des rangs d'une milice de l'Etat du Jonglei (est) commandée par le chef rebelle David Yau Yau, rallié à l'ancien vice-président Machar.

Jusqu'à présent, environ 660 enfants-soldats ont été démobilisés et pris en charge par les organisations humanitaires. Quelque 585 autres, dont des filles, devraient l'être prochainement, a assuré M. Veitch.

Selon l'Unicef, plus de 800.000 enfants ont été déplacés par les combats, et 344.000 autres ont fui le pays.

Cette semaine, rebelles et gouvernement ont une fois de plus semblé enterrer les espoirs de paix à court terme, les premiers ne jurant que par une victoire militaire, le second rejetant toute possibilité de participation de Riek Machar au pouvoir.

(L’information traitée dans cet article provient de l’AFP).

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