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Soudan du Sud : démission du ministre de l'Agriculture


L'opposant sud-soudanais Lam Akol

L'opposant sud-soudanais Lam Akol

L'opposant sud-soudanais Lam Akol a annoncé sa démission de ses fonctions de ministre de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire dans le gouvernement d'union nationale, estimant "qu'il n'y a plus d'accord de paix à appliquer à Juba".

"Puisque l'accord de paix est mort et qu'il n'y a pas d'espace politique libre à Juba, la seule possibilité pour s'opposer à ce régime (...) est de s'organiser en dehors de Juba", a déclaré Lam Akol lors d'une conférence de presse à Addis Abeba.

Lam Akol, qui fut lors de la présidentielle de 2010 le seul adversaire de l'actuel président Salva Kiir, a appelé toutes les factions de l'opposition sud-soudanaise à s'unir pour faire tomber le régime.

L'ancien ministre, qui s'exprimait depuis la résidence de Riek Machar dans la capitale éthiopienne, s'est toutefois refusé à dire s'il rejoignait les rangs du chef des ex-rebelles et ancien vice-président, aujourd'hui en fuite.

"Machar est un dirigeant d'opposition. Nous sommes des dirigeants d'opposition, comme beaucoup d'autres personnes. Nous sommes actuellement en consultation pour voir comment s'organiser pour consolider l'opposition au gouvernement", a t-il précisé.

Lam Akol, considéré comme le principal opposant politique sud-soudanais et indépendant de l'ex-rébellion, a dit envisager toutes les options, y compris celle du retour à la lutte armée contre le président Salva Kiir.

"Nous sommes tous d'accord sur le fait que le régime de Juba doit changer. Nous avons des différences sur les moyens d'y parvenir. Certains pensent que cela doit se faire par la force, d'autres par des moyens politiques. Nous sommes en train d'en parler", a-t-il ajouté.

Riek Machar a fui Juba dans la foulée des combats meurtriers (au moins 300 morts) qui ont opposé ses forces à celles de Salva Kiir dans la capitale, du 8 au 11 juillet, et qui ont coïncidé avec le cinquième anniversaire de l'accession à l'indépendance du pays.

Le président Kiir a ensuite annoncé le remplacement de M. Machar au poste de vice-président par Taban Deng Gai, lui aussi issu de l'ex-rébellion, mettant à jour les profondes dissensions qui agitent celle-ci.

Cet épisode a mis en péril l'accord de paix signé le 26 août 2015 pour mettre fin à une guerre civile dévastatrice déclenchée en décembre 2013 entre les camps de MM. Kiir et Machar, et qui avait abouti sur la création fin avril d'un gouvernement d'union nationale.

Avec AFP

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