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Soudan du Sud : "cinq soldats tués" dans un accrochage à Juba


Le président de la République du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, à gauche, se tient aux-côtés du président Omar Hassan Al-Bashir du Soudan, au centre, pendant les célébrations du Sud-Soudan Indépendance, à Juba, Sud-Soudan 09 Juillet 2011. epa/ GIORGO

Le président de la République du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, à gauche, se tient aux-côtés du président Omar Hassan Al-Bashir du Soudan, au centre, pendant les célébrations du Sud-Soudan Indépendance, à Juba, Sud-Soudan 09 Juillet 2011. epa/ GIORGO

Cinq soldats de l'armée loyale au président Salva Kiir ont été tués jeudi soir dans un accrochage à Juba impliquant des troupes de l'ex-rébellion cantonnées dans la capitale sud-soudanaise en vertu d'un fragile accord de paix, ont indiqué vendredi des porte-parole des deux camps.

"A 19H55 environ (16H55 GMT), un véhicule transportant des gardes du corps du premier vice-président (Riek Machar, ex-rébellion) a ouvert le feu sur des forces de sécurité qui procédaient à des contrôles de routine sur des véhicules", a accusé vendredi dans un communiqué le porte-parole de l'armée gouvernementale, la SPLA.

"Cette fusillade hostile a provoqué la mort de cinq soldats de la SPLA et deux autres ont été blessés", a ajouté le général Lul Ruai Koang.

Mais, a-t-il précisé, "le haut commandement de la SPLA considère ces affrontements comme un incident isolé qui doit faire l'objet d'une enquête".

Dans la matinée, un porte-parole de Riek Machar, l'ancien chef rebelle redevenu vice-président en avril, avait rapporté l'accrochage à l'AFP, précisant que les circonstances de la fusillade restaient indéterminées.

"L'incident s'est déroulé dans le quartier de Gudele alors que deux véhicules de notre unité de protection étaient en train de revenir du bureau du vice-président (Machar) vers la ville", avait précisé Nyarji Roman, faisant état de cinq morts côté SPLA et deux blessés parmi les ex-rebelles.

Vendredi matin, la situation était calme et l'activité semblable à un jour normal dans la capitale, selon le correspondant de l'AFP sur place.

"Je veux dire à la population qu'il n'y a pas de raison de paniquer. La situation est calme à présent et les dirigeants des deux camps ont ordonné à leurs troupes de rester cantonnées dans leurs casernes", a déclaré le porte-parole de M. Machar, précisant qu'une enquête allait être diligentée sur l'accrochage.

Cet incident ravive les craintes d'un échec du fragile processus de paix en cours au Soudan du Sud, qui s'apprête à marquer samedi, sans festivités, le cinquième anniversaire de son indépendance.

Le pays tente de sortir d'une guerre civile de plus deux ans, débutée en décembre 2013 et qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Dans le cadre d'un accord de paix signé en août 2015 entre les deux principaux protagonistes du conflit Salva Kiir et Riek Machar, ce dernier est revenu en avril à Juba où il a été réinstallé vice-président et a formé avec M. Kiir un gouvernement d'union nationale.

Mais sur le terrain, les combats se poursuivent et la défiance entre les dirigeants des deux camps fait craindre à nombre d'observateurs internationaux un échec du processus de paix et une nouvelle plongée du pays dans un conflit à grande échelle.

Conformément à l'accord de paix, 1.370 soldats et policiers ex-rebelles sont revenus à Juba pour garantir la sécurité de M. Machar. L'armée gouvernementale affirme, elle, n'avoir conservé dans la ville que les 3.420 soldats auxquels elle a droit.

Ces soldats sont répartis dans différents camps disséminés dans et autour de Juba. Le restant des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

Avec AFP

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