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Sommet Côte d'Ivoire-Burkina : la "lutte contre le terrorisme" au centre des débats


Les Premiers ministres ivoirien Daniel Kablan Duncan, 6 janvier 2013.

Les Premiers ministres ivoirien Daniel Kablan Duncan, 6 janvier 2013.

La lutte contre le terrorisme était jeudi au coeur des débats au 5e Sommet Côte d'Ivoire-Burbika Faso qui marque la première visite officielle du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré chez son voisin ivoirien.

Les deux pays d'Afrique de l'Ouest ont été endeuillés en début d'année par les attaques jihadistes de Ouagadougou (janvier, 30 morts) et Grand-Bassam (mars, 19 morts) qui les forcent à resserrer leurs coopérations stratégiques.

"Même si avant les attentats nous étions un peu dubitatifs (...) nous sommes maintenant convaincus de la nécessité de mutualiser et nos renseignements et nos moyens de combat contre le terrorisme. Il y a du bon travail qui a déjà été fait dans ce sens", a déclaré le président Kaboré, accueilli en grande pompe par le président ivoirien Alassane Ouattara mais aussi par plusieurs centaines de personnes dont de nombreux immigrés burkinabè.

Dans la matinée, les Premiers ministres ivoirien Daniel Kablan Duncan et burkinabè Paul Kaba Thieba avaient aussi évoqué la coopération antiterroriste devant une quarantaine de ministres des deux pays pour cette 5e Conférence au sommet de leur traité de l'amitié et de la coopération (TAC).

La Côte d'Ivoire et le Burkina ne "doivent pas perdre de vue les menaces auxquelles nous devons faire face (...) avec son cortège d'attaques et d'attentats aveugles", a affirmé M. Kablan Duncan.

"Le terrorisme nécessite une réponse adaptée. Je salue la coopération exemplaire entre nos services après les attaques de Ouagadougou et Grand-Bassam. Le destin de nos Etats et de nos peuples sont si indissociables que seule la solidarité et la mutualisation de nos stratégies et moyens peuvent (...) vaincre l'ennemi", a-t-il dit.

Ce sommet qui réunit traditionnellement chaque année les présidents mais aussi les gouvernements des deux voisins d'Afrique de l'Ouest n'avait pas eu lieu en 2015 en raison d'une brouille entre les deux pays.

Une dizaine d'accords doivent être signés entre les deux pays lors du sommet. Outre les questions sécuritaires, la construction de l'autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou et de la ligne de chemin de fer entre les deux pays, ainsi que la fourniture d'électricité ivoirienne au Burkina seront parmi les principaux sujets abordés.

Les relations entre le Burkina et la Côte d'Ivoire, pays fortement imbriqués sur les plans politiques et économiques, sont anciennes. Quelque trois millions de Burkinabè vivent notamment en Côte d'Ivoire, selon l'Institut ivoirien de la statistique et de la démographie.

Mais une série d'événements avait troublé les relations entre les deux pays ces dernières années.

L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par la rue et jadis un des principaux soutiens d'Alassane Ouattara, a trouvé refuge en Côte d'Ivoire où il vit en exil. Naturalisé ivoirien en février, M. Compaoré fait l'objet d'un mandat d'arrêt lancé par la justice burkinabè.

Et un autre mandat d'arrêt, émis cette fois par la justice militaire burkinabè, contre le président l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, pour son implication présumée dans le coup d'Etat manqué contre le gouvernement de transition burkinabè en septembre 2015, n'avait pas "arrangé les choses", selon une source gouvernementale ivoirienne.


Avec AFP

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