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Sommet asiatique au Laos: Obama hausse le ton face à Pékin sur la mer de Chine


Le président américain Barack Obama, à droite, se serre la main avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une cérémonie de ratification conjointe de l'accord sur le changement climatique de Paris avant le sommet du G20 au Guest House de l'Etat, le 3 septembre 2016.

Le président américain Barack Obama, à droite, se serre la main avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une cérémonie de ratification conjointe de l'accord sur le changement climatique de Paris avant le sommet du G20 au Guest House de l'Etat, le 3 septembre 2016.

Le président américain Barack Obama a rappelé jeudi à Pékin son obligation de se soumettre à une décision de justice en sa défaveur sur la mer de Chine, au coeur d'un conflit régional.

La décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, qui a jugé en juillet que Pékin n'avait pas de droits historiques sur cette mer, doit être respectée, a insisté Barack Obama.

"L'arbitrage de juillet, qui fait date et est contraignant, a permis de clarifier les droits maritimes dans la région", a-t-il déclaré au dernier jour d'un sommet des pays asiatiques réunis au Laos, dont la Chine.

Washington sort ainsi de sa réserve des dernières semaines sur ce dossier explosif en Asie, face à l'inflexibilité de Pékin, qui refuse jusqu'ici de se soumettre à la décision de La Haye.

Au grand dam de ses voisins comme les Philippines, le Vietnam ou le Japon, qui ont des prétentions eux aussi sur cette mer stratégique, principale liaison entre les océans Pacifique et Indien.

Pour Pékin, contrôler ces eaux constitue un énorme enjeu économique et militaire. C'est aussi un moyen d'affaiblir l'influence américaine dans la région, ce qu'Obama tente d'infirmer en participant assidûment aux sommets asiatiques.

Le fait que le président américain ait émis ce rappel à l'ordre à Pékin lors du sommet de Vientiane est un symbole fort, prenant à témoin tous les leaders régionaux. Nombre d'entre eux sont très remontés contre le géant chinois, qui continue de développer des îles artificielles en mer de Chine.

Sont réunis jeudi à Vientiane les dix membres de l'Asean, association des Nations d'Asie du Sud-Est (Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam), mais aussi ceux de l'Asie orientale, qui inclut les grandes puissances régionales (Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, Australie, Russie).

Pékin, représentée à Vientiane par le Premier ministre Li Keqiang, a réagi à la semonce de Barack Obama en réaffirmant sa position: "Nous n'acceptons pas ni ne reconnaissons le verdict du tribunal", a déclaré la porte-parole de la diplomatie chinoise Hua Chunying, appelant les Etats-Unis à "une attitude juste et objective".

La Corée du Nord, autre dossier brûlant

Jeudi, le sommet a été étendu à l'Asie de l'Est avec comme principal dossier: la Corée du Nord et ses ambitions nucléaires.

Défiant la communauté internationale, Pyongyang a encore mené cette semaine une série de tirs de missiles ayant provoqué de la nervosité dans les pays de la région. A Vientiane, Obama lui même a mis en garde les Nord-Coréens qu'ils allaient vers un isolement encore plus grand sur la scène internationale.

"Nous continuerons à mettre la pression sur la Corée du Nord, l'une des plus fortes à laquelle elle ait été soumise", a insisté le président américain lors de sa conférence de presse finale, assurant faire en sorte "que l'Amérique et ses alliés soient protégés".

Obama s'est aussi exprimé, avant de s'envoler vers Washington, sur les exécutions extrajudiciaires aux Philippines, allié traditionnel de Washington.

"Aussi méprisables que soient ces réseaux (criminels), et quel que soit le mal qu'ils font, il est important d'agir correctement", a-t-il dit, dans une critique implicite de la politique d'incitation au meurtre de son homologue Roberto Duterte.

Ce dernier l'avait traité de "fils de pute" juste avant le sommet de Vientiane, anticipant de se faire sermonner sur le sujet, avait-il expliqué.

Barack Obama, qui réalisait sa dernière tournée asiatique, à quelques mois de la fin de son mandat, s'est par ailleurs exprimé sur la politique intérieure américaine. Il a rappelé qu'il n'avait pas renoncé à faire fermer le centre de détention de Guantanamo, ce qu'il essaye de faire depuis 2009.

L'existence de Guantanamo est utilisée comme "un outil de recrutement par les organisations terroristes", a-t-il dit, alors que Donald Trump s'est engagé, s'il est élu, à remplir Guantanamo de "sales types".

"Le type n'est pas qualifié" pour devenir président, a répété Barack Obama devant ses homologues asiatiques jeudi.

Avec AFP

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