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Sommet Asean: Manille accuse Pékin de construire une île secrètement en mer de Chine


Une vue aérienne sur l'île de Taïwan, Taping Island, le 25 mars 2016.

Une vue aérienne sur l'île de Taïwan, Taping Island, le 25 mars 2016.

Les Philippines ont rendu publiques mercredi, en plein sommet régional avec Barack Obama, des photos attestant selon elles d'un plan de construction secret par Pékin d'une île en mer de Chine méridionale.

Les images montrent deux bateaux chinois préparant, selon Manille, la construction d'une île sur le récif de Scarborough, revendiqué par les Philippines.

Elles ont été diffusées par le gouvernement philippin quelques heures avant une discussion entre les dirigeants de l'association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean) et le Premier ministre chinois Li Kequiang lors de ce sommet annuel organisé au Laos.

"Nous avons toutes les raisons de penser que leur présence est le prélude à des activités de construction sur le récif", a déclaré à l'AFP le ministre de la Défense philippin Arsenio Andolong.

"Nous poursuivons nos activités de surveillance de leur présence et de leurs activités, qui sont inquiétantes", a-t-il ajouté.

La Chine dément toute construction sur ce récif dont elle a pris le contrôle en 2012 après un conflit avec la marine philippine. Pékin y a depuis déployé d'immenses filets empêchant les pêcheurs philippins de pénétrer dans la zone.

Le scandale autour de ce récif symbolique vient rappeler à quel point la politique agressive de Pékin en mer de Chine empoisonne les sommets régionaux, et jusqu'au récent G20 organisé en Chine.

Washington suit le dossier de près alors que la militarisation croissante par Pékin de récifs transformés en îles artificielles et une récente décision d'arbitrage rendue à la Haye déniant à la Chine tous droits historiques sur la région ont contribué à aviver les tensions.

Récif stratégique pour Washington

Dans le cas du récif de Scarborough, son importance stratégique pour les Etats-Unis pourrait changer l'équilibre précaire actuel.

Car cela permettrait à la Chine de disposer à terme d'installations militaires à seulement 230 kilomètres de l'île philippine de Luzon, où les forces américaines opèrent sur une base régulière.

Les responsables chinois interrogés mercredi campent sur la ligne officielle et démentent cette construction, sur laquelle les rumeurs se multiplient ces derniers jours.

"La Chine considèrera toujours l'Asean comme une puissance importante pour la préservation de la paix régionale", a assuré Li Keqiang lors d'un discours consensuel devant ses homologues de l'Asean mercredi matin, sans une allusion au conflit maritime qui empoisonne ses relations avec ses voisins.

Pékin considère comme relevant de sa souveraineté la quasi-totalité de la mer de Chine du sud, objet de prétentions territoriales concurrentes des Philippines, du Vietnam, de la Malaisie et de Brunei, toutes membres de l'Asean.

Mais l'organisation régionale peine à trouver une ligne unie face à Pékin sur ce dossier, certains membres redoutant de déplaire au grand voisin chinois.

Mardi, Barack Obama avait rappelé la ligne de Washington sur ce dossier épineux, sur lequel les Etats-Unis ont modéré le ton ces derniers temps.

"A travers la région, y compris en mer de Chine méridionale et orientale, les Etats-Unis continueront de survoler et de naviguer, et d'agir où que ce soit dans le respect des règles internationales, et de soutenir le droit de tous les pays à faire de même", avait-il dit.

"Nous pensons que les grandes Nations ne devraient pas dicter leurs volontés aux plus petites. Et que toutes les Nations devraient jouer selon les mêmes règles", avait-il ajouté.

Le bras de fer entre Manille et Pékin sur le récif de Scarborough intervient à un moment difficile pour le nouveau président philippin Rodrigo Duterte.

Barack Obama a annulé la veille une réunion bilatérale qui était prévue lors du sommet de l'Asean, après que Duterte l'a publiquement traité de "fils de pute".

Avec AFP

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