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Sommation à Simone Gbagbo absente à son procès


Des Ivoriens passent devant Le Nouveau Courrier, qui a, à sa Une, une photographie de Simone Gbagbo, à Abidjan, le 10 mars 2015.

Des Ivoriens passent devant Le Nouveau Courrier, qui a, à sa Une, une photographie de Simone Gbagbo, à Abidjan, le 10 mars 2015.

L'ex-première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, ne s'est pas présentée mercredi à son procès pour crimes contre l'humanité, au lendemain d'échanges houleux entre elle et le président du tribunal qui lui a adressé une sommation.

"Nous commettons l'huissier de justice a l'effet de faire une sommation à Mme Simone Gbagbo à comparaître devant la Cour d'assises à l'audience de demain" jeudi, a déclaré le président de la cour, le juge Boiqui Kouadjo.

"Le bâtonnier de l'ordre des avocats sera informé de la nouvelle situation" a poursuivi M. Boiqui.

"Si les avocats de Mme Gbabo ne se présentent pas nous allons commettre des avocats d'office et poursuivre le procès sans elle" a expliqué de son coté, le procureur Aly Yéo.

Ce blocage intervient après des échanges houleux entre le président de la cour et l'accusée. Cette dernière s'était emportée contre le juge.

"Condamnez-moi si vous voulez, mais arrêtez de me fatiguer! C'est de la foutaise", s'était défendue Mme Gbagbo. "Ce n'est pas parce que vous êtes juge que vous avez le droit de faire n'importe quoi... Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton", avait-elle ajouté.

Le point de départ des échanges a été le rejet par la cour de la demande de la défense qui exige depuis des semaines la comparution des nombreuses personnalités de la crise ivoirienne, dont l'actuel président de l'Assemblée nationale et ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, l'ancien Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l'ex-ministre Charles Koffi Diby et l'ex-chef de l'armée, le général Philippe Mangou.

Mme Gbagbo est jugée depuis le 31 mai pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier favorable à Alassane Ouattara, le rival de son mari à la présidentielle de novembre 2010, et pour sa participation à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des membres des forces armées proches du régime.

Ces crimes ont été commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Simone Gbagbo purge déjà une première peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", prononcée en 2015.

Avec AFP

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