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70 chiites tués dans un attentat revendiqué par Daesh en Irak


Pèlerins chiites commémorant l'Arbaeen, à Kerbala, en Irak, le 20 novembre 2016.

Pèlerins chiites commémorant l'Arbaeen, à Kerbala, en Irak, le 20 novembre 2016.

Un camion piégé a explosé dans une station-service où se trouvaient de nombreux pèlerins revenant d'une grande fête religieuse dans la ville sainte chiite de Kerbala.

"Au moins 70 personnes ont été tuées, dont moins de 10 Irakiens, le reste étaient des Iraniens", selon Falah al-Radhi, chef de la sécurité du conseil provincial de Babylone, où a eu lieu l'attentat.

L'attaque s'est produite dans le village de Chomali, à 120 km de la capitale irakienne et à 80 km de Kerbala.

L'EI affirme qu'un kamikaze "a fait exploser son véhicule au cœur du groupe (de pèlerins), faisant plus de 200 morts et blessés, dont des Iraniens", dans un communiqué cité par le centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE.

"Il y a des corps complètement calcinés sur les lieux", a décrit Falah al-Radhi, tandis que des images sur les réseaux sociaux montraient des débris répandus sur une large portion de l'autoroute reliant Bagdad à la ville portuaire de Bassorah (sud).

Entre 17 et 20 millions de musulmans chiites, dont trois millions d'Iraniens, avaient afflué lundi à Kerbala, à 80 km au sud de Bagdad, pour commémorer l'Arbaïn, la fin des 40 jours de deuil pour la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet assassiné en 680.

Ce grand évènement du calendrier chiite avait été placé sous haute sécurité, après avoir été pris pour cible ces dernières années par des attaques de l'EI.

Le groupe djihadiste sunnite a revendiqué plusieurs attentats en Irak depuis le début de l'offensive lancée le 17 octobre par les forces irakiennes contre Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak devenue son fief en juin 2014.

L'organisation ultra radicale est désormais quasi-encerclée dans son fief par les forces pro-gouvernementales.

Mercredi, à l'ouest de Mossoul, les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi ("Mobilisation populaire"), dominées par les milices chiites, avaient annoncé avoir coupé la voie d'approvisionnement de l'EI entre Mossoul et Raqa, son fief en Syrie à quelque 400 km à l'ouest.

Au nord et au sud, les peshmergas (combattants kurdes) et d'autres troupes se rapprochent de la ville, tandis qu'à l'intérieur même de Mossoul, les troupes d'élite irakiennes (CTS) affirment avoir repris le contrôle de plus de 40% de l'est de la ville.

Les unités du CTS ont continué jeudi de progresser rue après rue malgré une résistance féroce de l'EI, cinq semaines après le début de l'offensive.

Après avoir repris le quartier d'Aden, les troupes d'élite se battent désormais dans la zone voisine d'Al-Khadraa, a indiqué l'un de leurs commandants, Maan al-Saadi.

"Ils ne peuvent pas s'enfuir. Ils ont deux options: se rendre ou mourir", dit-il à propos des combattants de l'EI.

- 'Combat brutal' -

La veille, la coalition internationale emmenée par Washington avait détruit l'un des derniers ponts enjambant le fleuve Tigre, qui coupe la ville en deux, afin d'empêcher l'EI de se réapprovisionner dans l'est de Mossoul.

Conséquence: les djihadistes "ne peuvent plus aller nulle part, ils ne peuvent plus se réapprovisionner ni envoyer des renforts", a affirmé le colonel américain John Dorrian, un porte-parole de la coalition.

Malgré tout, la bataille de Mossoul est loin d'être terminée.

"C'est un combat extraordinairement dur, brutal, mais il est inévitable et les Irakiens vont les battre", a fait valoir le haut gradé américain.

La résistance des combattants islamistes est féroce: attaques suicide, voitures piégées, snipers, dissimulation d'explosifs dans les maisons et immeubles.

Et la partie ouest de la ville, où se concentrent la plupart des bastions djihadistes, reste à conquérir. Ses ruelles étroites promettent de compliquer les déplacements des blindés des forces gouvernementales.

La présence d'une importante population civile au cœur de la ville réduit la capacité des troupes irakiennes à recourir à l'arme lourde contre les djihadistes. Mais les dirigeants du pays veulent éviter une destruction massive de Mossoul.

Il resterait encore à Mossoul plus d'un million de civils, dont la fuite est rendue très difficile par l'intensité des combats.

Le nombre de civils en fuite stagne pour l'heure à près de 70.000 personnes, selon l'Office international des migrations (OIM). Depuis lundi, seules quelques centaines de déplacés supplémentaires ont été recensés.

Avec Afp

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