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Centrafrique : six morts lors d'une manifestation à Bangui pour la démission de la présidente de transition


Des manifestants à Bangui, Centrafrique

Des manifestants à Bangui, Centrafrique

Les Casques bleus ont ouvert le feu dans le centre de la capitale centrafricaine. Ils cherchaient à disperser un rassemblement de plusieurs centaines de personnes, après les violences meurtrières du week-end

Bangui était paralysée lundi par des barricades érigées sur les principaux axes de la ville, dans un climat d'extrême tension, après un week-end de pillages et de violences ayant fait plus de 21 morts et une centaine de blessés.

Après la dispersion de la manifestation, des tirs d'origine indéterminée ont été entendus dans un autre quartier de la capitale et un adolescent a été tué par "une balle perdue", selon une source hospitalière.

S’ajoute à cela un assassinat - dont les motifs ne sont pas établis - qui a servi de détonateur à cette nouvelle explosion de violences dont la capitale centrafricaine est coutumière depuis deux ans. Selon des habitants, un conducteur de moto-taxi a été égorgé samedi matin au PK-5, ce qui a déclenché des violences dans ce quartier majoritairement musulman. Le PK-5 a été l'épicentre des massacres intercommunautaires à Bangui et il représente le dernier bastion des musulmans chassés des autres quartiers par les milices chrétiennes anti-balaka.

Craignant d'être agressés ou dévalisés, la plupart des commerçants n'ont pas ouvert leurs échoppes lundi matin à la levée du couvre-feu instauré la veille par le gouvernement de transition pour rétablir le calme. La circulation était quasi-inexistante sur les boulevards de la capitale centrafricaine. Les forces françaises Sangaris et de l'ONU (Minusca), toujours présentes pour tenter de stabiliser le pays après les massacres intercommunautaires de 2013-2014, étaient positionnées en différents points de Bangui. Le couvre-feu n'a d'ailleurs pas été respecté, des pillages ont été signalés pendant la nuit dans divers quartiers et des tirs ont retenti à plusieurs reprises.

"La gendarmerie, le ministère de la Défense et la radio d'Etat ont été attaqués cette nuit par des individus armés", a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat une source militaire centrafricaine. "L'attaque a été repoussée, faisant des victimes parmi les assaillants", a ajouté cette source, sans pouvoir fournir de bilan précis, ni d'identification des assaillants.

C'est dans ce contexte d'insécurité persistante que des élections présidentielle et législatives doivent en principe être organisée avant la fin 2015. C'est également dans ce contexte de troubles persistants que le pape François est attendu les 29 et 30 novembre à Bangui, dernière étape d'une tournée africaine.

Avec AFP

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