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Silvio Berlusconi va être opéré du cœur


Silvio Berlusconi, à Milan le 9 mai 2014.

Silvio Berlusconi, à Milan le 9 mai 2014.

L'ancien chef du gouvernement italien, 79 ans, va être prochainement opéré du cœur après avoir été victime d'une attaque qui a failli le tuer, selon son médecin.

M. Berlusconi devra subir avant le milieu de la semaine prochaine une opération pour remplacer une valve de l'aorte, a annoncé jeudi son médecin personnel, Alberto Zangrillo, lors d'une conférence de presse.

L'ex-chef du gouvernement ne s'est présenté que mardi à l'hôpital San Raffaele de Milan. Il était "dans un état grave, sa vie était en danger et il le savait", a déclaré le médecin.

Le fait de ne pas avoir traité ce malaise avant mardi l'a mis en danger, selon le dr Zangrillo, qui a précisé que l'opération était "le seul moyen" pour remédier à ce "sévère" dysfonctionnement cardiaque.

"La valve doit être remplacée grâce à une chirurgie conventionnelle, qui implique la circulation (du sang) en dehors du corps, une vue directe du coeur par le chirurgien et le remplacement de la valve par une version biologique", a-t-il expliqué.

L'opération, qui sera conduite par Ottavio Alfieri, chef du département cardiaque à l'hôpital San Raffaele, durera environ quatre heures.

-- 2 à 3% de risques --

Le docteur Zangrillo a évalué à "environ 2/3%" les risques de l'opération. Si un patient qui souffre de ce problème cardiaque n'est pas opéré, les risques d'une mort dans l'année s'élèvent à 10%, a-t-il précisé.

M. Berlusconi passera un et deux jours en soins intensifs avant de rester quelques temps en convalescence.

"Je m'attends à le voir de retour et en pleine santé d'ici un mois", a assuré ce médecin.

Son malaise a eu lieu dimanche soir, à l'issue du premier tour des élections municipales partielles en Italie.

Il avait pu voter à nouveau à Rome après trois ans de privation de ses droits civiques à la suite d'une condamnation pour fraude fiscale, la seule définitive à ce jour dans son interminable chapelet de procès.

Mais l'ancien chef du gouvernement n'a pas réussi à maintenir à flot son parti, Forza Italia, qui a réalisé dans l'ensemble un score mitigé, et même catastrophique (4,23%) à Rome, où M. Berlusconi a désormais établi sa résidence officielle.

Déjà victime il y a dix ans d'un malaise cardiaque, Silvio Berlusconi, s'était fait poser à l'époque un stimulateur électrique aux Etats-Unis. Ce stimulateur a été remplacé en décembre dans un hôpital milanais.

-- Détesté et admiré --

Détesté ou admiré, Silvio Berlusconi, surnommé "le Cavaliere", reste le personnage le plus connu de la vie politique italienne, qu'il a dominé de sa personnalité controversée pendant plus de vingt ans.

Fondateur de l'empire audiovisuel Mediaset, propriétaire depuis trente ans du grand club Milan AC qu'il cherche à vendre à un groupe d'investisseurs chinois, il est aussi très puissant et influent dans le monde du sport et de la télévision.

Symbole aux yeux de ses détracteurs de la corruption et de l'affairisme à l'italienne, Silvio Berlusconi a été entendu dans plusieurs affaires judiciaires retentissantes. Mais il n'a fait l'objet que d'une seule condamnation définitive, pour fraude fiscale, confirmée par la Cour de cassation en août 2013.

En vertu de ce jugement, il avait été contraint d'effectuer des travaux d'intérêt général dans un centre social spécialisé dans l'accueil de personnes âgées à Milan entre mai 2014 et mars 2015.

La plus connue des affaires qui ont éclaboussé celui qui est aujourd'hui l'ex-Cavaliere (il s'est vu retirer ce titre par la justice) est le "Rubygate", pour lequel il est encore poursuivi devant plusieurs tribunaux.

Des "dîners élégants" qu'il donnait sont soupçonnés d'avoir dégénéré en soirées libertines, dites "soirées bunga-bunga", mais l'ancien chef du gouvernement italien a été blanchi l'année dernière des accusations de prostitution de mineure et d'abus de pouvoir.

Silvio Berlusconi est soupçonné d'avoir payé des millions d'euros avec une pluie de cadeaux le silence des jeunes femmes.

Ces procès à répétition avait obligé Silvio Berlusconi à prendre sa retraite de la vie politique, et le centre-droit italien est toujours en quête d'un nouveau mentor face au président du Conseil social-démocrate Matteo Renzi.

Avec AFP

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