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Blatter : le Mondial-2022 devait se dérouler aux Etats-Unis et non au Qatar


Michel Platini (gauche) Sepp Blatter (droite), le 16 décembre 2014. (AP Photo/Christophe Ena)

Michel Platini (gauche) Sepp Blatter (droite), le 16 décembre 2014. (AP Photo/Christophe Ena)

Le président démissionnaire de la Fifa répète que les Mondiaux 2018 et 2022 devaient se dérouler en Russie et aux Etats-Unis, selon un "arrangement diplomatique". Il accuse Sarkozy et Platini d'avoir fait basculer le vote en faveur du Qatar.

Deux jours après ses déclarations à l'agence russe Tass, le président démissionnaire de la Fifa Sepp Blatter persiste et signe dans un entretien au "Financial Times" du vendredi 30 octobre. Il accuse Michel Platini et Nicolas Sarkozy d’avoir fait pencher la balance en faveur du Qatar concernant l’attribution du Mondial-2022.

Selon lui, les Coupes du monde 2018 et 2022 devaient initialement être attribuées à la Russie et aux Etats-Unis, et non au Qatar. "C'était dans les coulisses. Il y avait un arrangement diplomatique", "un gentleman's agreement", pour que les deux tournois se disputent en Russie et aux Etats-Unis, a affirmé le Suisse.

Si le plan a capoté pour le Mondial-2022, c'est à cause de "l'interférence gouvernementale de M. Sarkozy", alors président de la République française, selon Blatter : "Une semaine seulement avant l'élection, j'ai eu un appel téléphonique de Platini qui a dit : ‘Je ne suis plus ton plan parce que le chef de l'Etat m'a dit que nous devrions prendre en compte... la situation de la France.’ Et il m'a dit que cela concernerait plus d'un vote parce qu'il avait un groupe de votants avec lui."

Platini a révélé avoir voté pour le Qatar en décembre 2010 lors de l'attribution du Mondial-2022 mais a toujours nié l'avoir fait sur la demande de l'ancien président de la République (2007-2012), qui l'avait peu avant invité à un repas à l'Elysée en compagnie notamment du futur émir du Qatar.

Sarkozy et la Russie démentent

Jeudi sur BFMTV, Nicolas Sarkozy, en visite à Moscou pour y rencontrer notamment le président russe Vladimir Poutine, avait démenti les premières allégations de Blatter faites à l'agence Tass : "Voilà encore un autre qui me prête beaucoup de pouvoir, a ironisé le président du parti Les Républicains. Je n'avais pas cette ambition, ni celle de diriger le PSG (dont les propriétaires sont qatariens, NDLR), ni d'attribuer à qui que ce soit la Coupe du monde. Mais vous le remercierez quand même pour moi. C'était sans doute une allusion qui fait écho à sa très grande amitié pour Michel Platini."

Quant à la Russie, elle a démenti vendredi tout arrangement pour obtenir le tournoi dans son pays en 2018 : "Il n'y a eu aucun arrangement pour obtenir la Coupe du monde 2018. Nous sommes venus avec notre projet. Et la Russie n'a conclu d'arrangement avec personne, nous avons obtenu cette Coupe du monde au mérite", a déclaré Vitaly Moutko, ministre russe des Sports, déjà en poste à l'époque où la Russie a obtenu l'organisation de la Coupe du monde 2018.

Le successeur de Blatter sera élu le 26 février et sept candidats sont en lice. Parmi eux, Michel Platini, président de l'UEFA, dont la candidature est gelée pendant sa suspension de 90 jours en raison d'un versement controversé de 1,8 million d'euros reçu de Blatter en 2011.

Avec AFP

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