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Sénégal : nouvelle alternance


Les partisans du leader d'opposition Macky Sall ont fêté dimanche soir sa victoire au second tour de l'élection présidentielle.

Les partisans du leader d'opposition Macky Sall ont fêté dimanche soir sa victoire au second tour de l'élection présidentielle.

Abdoulaye Wade félicite Macky Sall.

S’adressant à ses partisans en liesse, le président-élu du Sénégal a souligné que le président sortant l’avait appelé pour le féliciter de sa victoire à l’issue du second tour de l’élection qui les opposait dimanche au Sénégal. Le coup de fil de Me Abdoulaye Wade à son ancien premier ministre est intervenu trois heures et demie seulement après la fermeture des bureaux de vote.

Avec Macky Sall, le Sénégal connait une nouvelle alternance politique, après celle de 2000 qui avait vu le président Abdou Diouf céder le pouvoir, après des décennies à la tête du pays, au même Abdoulaye Wade. Cette fois-ci encore, le soutien des autres candidats de l’opposition a été déterminant.

M. Sall a reconnu que les défis sont nombreux. Ce qui, a-t-il ajouté, interpelle tout un chacun.

Pour sa part, Me Wade a salué le bon déroulement du scrutin.
Dans son camp, déception, mais fierté aussi pour son sens de la démocratie. Son coup de fil à M. Sall a été salué.

M. Wade briguait un troisième mandat controversé à la tête du Sénégal. Il est incontestable qu’il était très populaire quand il a remplacé M. Diouf à la présidence en 2000, après un régime socialiste au pouvoir depuis l’indépendance du pays. Mais les coupures d’électricité intempestives, le chômage et un coût de la vie élevé ont fait déchanter la grande majorité des Sénégalais.

Macky Sall a promis de réduire les prix des denrées de première nécessité, de décentraliser le gouvernement et d’avoir des audits sur les finances du régime Wade.

M. Sall est un ancien protégé de M. Wade, dont il a été ministre des Mines, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale – avant d’être remplacé en 2008 par des partisans de Wade, à la suite d’une controverse sur un possible audit des finances de l’ANOCI, une agence que dirigeait Karim Wade, le très influent fils du président.

L’opposition sénégalaise s’est mobilisée derrière M. Sall pour le second tour, dont l’enjeu n’échappait point à l’opinion africaine et internationale. C’est ainsi que, pour un pays considéré comme un phare de la démocratie en Afrique, de nombreux observateurs étrangers avaient été dépêchés sur place.

Le second tour s’est passé dans le calme, et les observateurs de l’Union africaine et de la CEDEAO ont qualifié le scrutin de “transparent”. De son côté, le chef des observateurs de l'Union européenne, Thijs Berman, a dit espérer que le Sénégal montrera "un exemple fort" de démocratie dans la région après le coup d'Etat survenu au Mali voisin. Les observateurs ont été unanimes dans leurs conclusions : le scrutin de dimanche « réaffirme la position du Sénégal comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique ».

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