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Scandale Volkswagen : démission du PDG allemand


Le patron du géant automobile allemand Volkswagen, Martin Winterkorn, a annoncé mercredi sa démission, quelques jours après des révélations fracassantes sur un trucage à grande échelle de moteurs de voitures du groupe.

M. Winterkorn, 68 ans et depuis 2007 à la tête de Volkswagen, affirme ne s'être rendu coupable "d'aucun manquement", mais dit "prendre la responsabilité" du scandale et remet sa démission pour permettre à Volkswagen "un nouveau départ", selon un communiqué du groupe.

Le patron du constructeur, Martin Winterkorn, était sur la sellette depuis quelques jours... L'ouverture d'une enquête de la justice allemande sur le scandale des moteurs truqués mercredi a été le couperêt final. Ce scandale a des répercussions dans le monde entier et a déjà fait perdre au groupe des milliards d'euros en Bourse.

L'enquête préliminaire a été ouverte "en lien avec les accusations de manipulation des émissions de véhicules diesel" de marque Volkswagen, a indiqué le parquet de Brunswick (nord).

Il s'agit de procéder à une "collecte et examen de toutes les informations et (à) l'examen de plusieurs plaintes" déposées contre le constructeur ainsi que d'identifier d'éventuels "responsables" de la fraude.

Le géant allemand de l'automobile a admis avoir mis en place un logiciel sur les moteurs diesel d'environ 11 millions de ses voitures, afin de fausser les résultats de tests antipollution.

Aux Etats-Unis, où l'affaire a éclaté vendredi, le groupe allemand a retiré ses publicités sur le diesel de son compte Youtube, d'après le site spécialisé Jalopnik.

Côté constructeurs, la fédération regroupant les fabricants automobiles européens, l'ACEA, a reconnu "la gravité de la situation" tout en estimant qu'il n'existe "aucune preuve" que le trucage mis au jour chez Volkswagen soit "étendu à toute l'industrie".

La fédération allemande de l'automobile VDA a jugé pour sa part que le comportement frauduleux de VW "n'(allait) pas du tout".

Ces critiques contribuent à accroître la pression sur le dirigeant du groupe, alors que les membres les plus influents du conseil de surveillance de VW se sont réunis dans la matinée au siège du groupe à Wolfburg (nord) en présence de M. Winterkorn.

L'éventuelle décision que prendront les cinq membres clés du conseil de surveillance, réunis au sein d'un "présidium", a toutes les chances d'être entérinée par l'organe de contrôle dans son ensemble appelé à se réunir pour sa part vendredi.

Le maintien ou non de M. Winterkorn, 68 ans, à la tête de l'entreprise qu'il dirige depuis 2007 se pose désormais ouvertement en Allemagne.

Pour beaucoup d'actionnaires sa position est intenable: quelque 25 milliards d'euros de capitalisation boursière du groupe ont été pulvérisés en deux jours du fait du plongeon de 35% de l'action.

Le gendarme allemand de la Bourse, le Bafin, se penche sur les mouvements de l'action observés en début de semaine, un premier examen de routine, a indiqué une porte-parole à l'AFP.

Les appels à la "transparence totale" chez Volkswagen, telle que réclamée mardi par la chancelière Angela Merkel, étaient relayés de toutes parts mercredi.

Le président de la fédération des chambres de commerce d'Allemagne DIHK, Martin Wansleben, a déploré "un coup dans l'estomac" porté à toute l'industrie allemande, alors que selon certains économistes et analystes le scandale pourrait avoir un impact négatif sur le Produit intérieur brut de la première économie européenne.

L'automobile, fierté nationale, représente pas loin de 20% des exportations allemandes, et, en comptant les emplois indirects, un emploi sur six.

Volkswagen, avec ses 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, ses 600.000 salariés et ses 12 marques de camions et de voitures, est le joyau incontesté du secteur. Le groupe vient de ravir à Toyota le titre de numéro un mondial des ventes.

La liste des pays qui enquêtent sur ses voitures diesel ne cesse de s'allonger. Outre les Etats-Unis, épicentre du séisme où une enquête pénale et une autre du ministère de la Justice d'Etat de New York sont en cours, la Corée du Sud, l'Italie et la France ont initié des investigations et Londres demande une enquête de la Commission européenne.

Le gouvernement allemand a lui créé une commission d'experts qui est arrivée mercredi à Wolfsburg, selon le ministère des Transports.

Dans cette ville, dont la vie s'organise entièrement autour de Volkswagen - le géant de l'auto y emploie 73.000 personnes sur environ 120.000 habitants - l'ambiance était morose.

Le sort de la région toute entière est étroitement imbriqué avec celui de Volkswagen, l'Etat régional de Basse-Saxe étant actionnaire à 20% du groupe.

Avec AFP

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