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365.000 décès par an dans le monde à cause des cancers liés à l'alcool


Le Dr Candace S. Johnson, présidente et cheffe de la direction de l’Institut de Cancer Roswell Park annonce la signature d'un accord pour tester un traitement cubain contre le cancer du poumon aux États-Unis, le 21 avril 2015.

Le Dr Candace S. Johnson, présidente et cheffe de la direction de l’Institut de Cancer Roswell Park annonce la signature d'un accord pour tester un traitement cubain contre le cancer du poumon aux États-Unis, le 21 avril 2015.

L'alcool est responsable de plus de 700.000 nouveaux cas de cancer et 365.000 décès par cancer (œsophage, colon-rectum, gorge, foie et sein) chaque année dans le monde, essentiellement dans les pays développés, selon de nouvelles estimations rendues publiques mercredi à Paris à l'occasion du Congrès mondial contre le cancer.

"Une grande partie de la population ne sait pas que l'alcool peut provoquer le cancer", a souligné le Dr Kevin D. Shield en présentant les résultats préliminaires d'une étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'étude, qui se base sur des données de 2012, montre que les cancers liés à l'alcool représentent 5% des nouveaux cas de cancers et 4,5% de tous les décès par cancer chaque année dans le monde.

Selon le Dr Shield, l'Amérique du Nord, l'Australie et l'Europe, plus particulièrement l'Europe de l'Est, sont les régions les plus touchées dans le monde par ces cancers. Mais des pays qui se développent rapidement comme l'Inde ou la Chine, où la consommation d'alcool augmente, pourraient un jour les rejoindre.

Comme le montrent plusieurs études, le poids des cancers liés à l'alcool est étroitement lié au niveau de développement d'un pays. A la consommation accrue d'alcool qui accompagne souvent le développement viennent s'ajouter des changements dans le mode de vie ou l'alimentation ainsi que le tabagisme qui "multiplient le risque", a précisé le chercheur canadien à l'AFP.

Selon l'étude, qui devrait être publiée l'an prochain dans une revue scientifique, le cancer de l'oesophage arrive actuellement en tête des cancers liés à l'alcool en ce qui concerne la mortalité (il représente 34% de l'ensemble des 365.000 décès répertoriés en 2012), devant le cancer colorectal (20% des décès).

En ce qui concerne les 704.000 nouveaux cas de cancers liés à l'alcool, c'est en revanche le cancer du sein, en pleine expansion chez les femmes, qui domine: il représente 27% des nouveaux cas, devant le cancer colorectal (23% des nouveaux cas).

Encore peu connu, le lien entre cancer du sein et consommation d'alcool avait déjà été étudié par le Dr Shield.

Dans des travaux publiés en juin dernier, il avait montré que même une faible consommation d'alcool (moins de deux verres de vin ou de 30 ml de spiritueux par jour) pouvait augmenter le risque de cancer du sein de 5% à 10%. Il avait aussi démontré que 17,5% des 38.000 femmes décédées en 2012 d'un cancer du sein attribuable à l'alcool n'en consommaient que peu.

Le chercheur a précisé à l'AFP qu'il n'existait pas de "limite" à ne pas dépasser et que "le risque augmente de façon linéaire avec la dose ingérée".

Quant aux mécanismes biologiques en cause dans les cancers liés à l'alcool, ils ne sont pas encore connus avec précision. Le chercheur a cité le rôle joué par l'éthanol, un agent cancérigène qui peut agir "de différentes manières". Dans le cas du cancer du sein, il peut notamment modifier le niveau d'œstrogène, a-t-il précisé.

Pour évaluer le nombre de cancers liés à l'alcool, l'étude présentée mercredi a comparé des buveurs par rapport à des non buveurs. Selon l'IARC, d'autres recherches devraient à l'avenir être menées sur la diminution du risque liée à la baisse de la consommation d'alcool.

Avec AFP

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