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Sao Paulo : les favelas à l’écart de la Coupe du monde


Favela de Moinho, San Paulo

Favela de Moinho, San Paulo

L’envoyé spécial de la VOA, Nicolas Pinault, est parti à la rencontre des habitants de la favela de Moinho.

Au pied d’immeubles de luxe, les gamins de la favela de Moinho tapent le ballon avec insouciance. Ici, le faste de la coupe du Monde sonne bien creux.

Pas de sanitaire, ni eau courante, la débrouille s’apprend dès le plus jeune âge. Sur place, on n’a pas vu les milliards investis par le gouvernement brésilien pour accueillir le Mondial. Avec sa casquette et sa chemise en jean, Gerson Ribeira sirote sa bière : "je ne ressens rien pour cette Coupe. Le Brésil a mis de l’argent pour le Mondial mais rien pour l’éducation. Je pense que ce n’est pas juste. Ils ont investi des milliards pour la Coupe du Monde et rien pour la sante ou l’éduction", selon lui

Les rares a avoir une télévision regarderont ce jeudi le match d’ouverture Brésil Croatie. Paradoxe d’un Mondial si proche et si lointain pour les habitants de Moinho. La favela existe depuis des décennies, les problèmes aussi. Les habitants sont menacés d’expulsion par la mairie mais ont décidé de se battre. Alessandra Cunha a grandi dans Moinho et veut aider les plus jeunes à s’en sortir. Favela de Moinho, San Paulo

Favela de Moinho, San Paulo



"Il y a des gens ici et ils doivent s’occuper de nous. Ce n’est pas juste un espace. Ce sont des gens qui vivent et qui ont besoin d’eau, d’électricité et des toilettes. Il y a beaucoup de résidents qui n’ont même pas de toilettes chez eux. C’est un comble alors que nous sommes à Sao Paolo, plus grande ville d’Amérique latine !", s’agace-t-elle

Sur le terrain, les enfants s’amusent. La roue tourne comme un ballon espèrent-ils. Au pays du football roi, chacun rêve de devenir professionnel et de laisser la misère au vestiaire. A vingt ans, Josuel Santana y croit toujours : “pour moi, le football, c’est comme une seconde vie. Le football c’est comme le mariage. Je dois être fidèle, peu importe l’heure ou l’endroit. J’ai un problème au genou mais jamais je n’arrête de jouer. Je rêve toujours de devenir professionnel."

A l’ombre du Mondial, les rêves n’ont pas de prix. Sur un air de samba, dans la favela, les gamins de Moinho affichent un large sourire qui vaut tous les trophées du monde.
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