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Salaires des patrons: les polémiques se répètent en France, sans grand effet


Marche en France

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Bonus, stock-options, retraites chapeau, jetons de présence, "golden hello"... Les polémiques se suivent et se ressemblent en France sur les rémunérations des grands patrons, jugées indécentes au vu de celles des salariés, comprimées depuis la crise. Sans grand effet sur les pratiques.

Régulièrement, les émoluments octroyés aux dirigeants des grandes entreprises du pays font des vagues, poussant le gouvernement à monter au créneau.

Dernière controverse en date: la validation par les administrateurs de Renault des 7,251 millions d'euros gagnés en 2015 par Carlos Ghosn, PDG du constructeur automobile, malgré un vote consultatif négatif le 29 avril des actionnaires du groupe, dont l'Etat qui en détient 20%.

L'affaire a irrité jusqu'au ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a dénoncé mardi un "dysfonctionnement en matière de gouvernance".

Les rémunérations d'autres capitaines d'industrie ont aussi défrayé récemment la chronique: Olivier Brandicourt, à la tête du géant pharmaceutique Sanofi, Michel Combes, ex-patron de l'équipementier télécoms Alcatel-Lucent ou encore Carlos Tavares, patron du groupe automobile PSA.

Ce dernier a avancé mercredi un argument choc pour justifier son salaire quasiment doublé en un an: "Je me considère comme un joueur de football ou comme un pilote de Formule 1, il y a un marché", a-t-il argué.

Selon le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, qui milite pour un meilleur encadrement des pratiques, la rémunération moyenne des dirigeants des plus grosses entreprises cotées à Paris a augmenté de 6% en 2014, à 4,2 millions d'euros.

Et le phénomène ne s'est pas inversé en 2015: d'après le quotidien économique Les Echos, les émoluments des grands patrons ont augmenté de 4% l'année dernière, hors bonus différés et autres actions de performance.

Est-ce à dire qu'au delà des condamnations de principe, rien ne change? "Sur le plan de la gouvernance, il y a eu des progrès. Mais il y a encore des mauvais élèves. Et sur le montant, on a beaucoup de mal à obtenir des avancées", admet Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest.

Les mises en garde politiques "n'ont pas eu beaucoup d'effet", constate Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail. "Il y a beaucoup de gesticulation. Mais la puissance politique, quelle qu'elle soit, répugne à prendre des mesures plus autoritaires".

Avec AFP

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