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Une majorité de députés espagnols pour un référendum au Sahara occidental


Mohammed VI à Laayoune, Sahara occidental, le 6 novembre 2015.

Mohammed VI à Laayoune, Sahara occidental, le 6 novembre 2015.

Une majorité de députés espagnols a appelé le gouvernement à défendre devant les Nations unies le respect des droits de l'Homme et du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui, dans une déclaration présentée à Madrid.

Signée par douze partis représentés au Parlement, disposant de 228 élus sur 350 mais sans le Parti populaire au pouvoir, la déclaration fait suite à l'expulsion par le Maroc de la quasi-totalité des experts expatriés de la Mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso).

Le Maroc considère depuis 1975 cette ancienne colonie espagnole comme partie intégrante de son territoire.

Les signataires incitent l'Espagne à défendre "un référendum d'autodétermination libre et démocratique pour le peuple sahraoui" et à demander pour la Minurso "un mandat pour la supervision des droits de l'Homme" et "la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis".

Sol Sanchez, porte-parole du parti écolo-communiste Izquierda Unida (Gauche unie), à l'initiative du texte, espère que Madrid pourra "exercer une pression, puisque nous sommes membres du Conseil de sécurité, lors de cette réunion" pour "le rétablissement du droit international et de la Minurso".

Le sort de la Minurso, mandatée en 1991 pour organiser un référendum sur l'autodétermination du territoire, option que le Maroc rejette catégoriquement, doit être réexaminé par le Conseil de sécurité des Nations unies, dont l'Espagne est membre non permanent.

"Au fur et à mesure que ce moment approche, le gouvernement marocain augmente la pression", estime Enric Bataller, député de la coalition de gauche régionaliste Compromis et signataire du texte, s'inquiétant "que cette pression puisse amener à une escalade".

"Les grandes puissances ne manifestent aucun intérêt pour le problème sahraoui", se désole Odon Elorza, député socialiste signataire du texte, l'attribuant à leur volonté de ne pas froisser Rabat.

"Pour la France, les Etats-Unis, l'Espagne... le Maroc a eu un rôle important de gendarme sur les questions d'immigration", estime-t-il.

Mohammed Ali Ali Salem, issu la délégation du gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique en Espagne, s'est de son côté montré déçu de ce texte, réclamant "un calendrier pour un référendum" et "qu'on reconnaisse à la délégation du Polisario [mouvement indépendantiste sahraoui armé] un statut diplomatique".

"Ce point a été évoqué dans un premier temps", justifie Enric Bataller, mais il a été retiré "pour chercher le consensus" entre tous les partis.

Avec AFP

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