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Ryad va aider les travailleurs indiens bloqués


Un travailleur indien arrive au bureau de la société de construction Saudi Oger à Riyad, en Arabie Saoudite le 3 août 2016.

Un travailleur indien arrive au bureau de la société de construction Saudi Oger à Riyad, en Arabie Saoudite le 3 août 2016.

L'Arabie saoudite a décidé d'aider les travailleurs indiens bloqués dans le royaume sans ressource après une vague de licenciements dans le secteur du bâtiment, a indiqué mercredi un responsable indien.

Le gouvernement saoudien a pris des "mesures immédiates" pour faire en sorte que les camps abritant les travailleurs indiens puissent bénéficier d'une assistance médicale, obtenir des aides alimentaires ainsi qu'en matière d'hygiène et des sanitaires, selon un communiqué du ministre d'Etat indien aux Affaires extérieures Vijay Kumar Singh.

M. Singh, dépêché par New Delhi pour s'enquérir de la situation des travailleurs indiens, a assuré avoir eu une "bonne rencontre" avec le ministre saoudien du Travail, Mufarraj Al-Haqbani.

Il a ajouté que les autorités saoudiennes avaient également décidé de faciliter la sortie des travailleurs indiens souhaitant rentrer dans leur pays et résoudre les disputes salariales avec leurs employeurs.

Selon le quotidien saoudien Okaz, les travailleurs indiens concernés sont au nombre de 2.500.

M. Haqbani a publié un décret autorisant les travailleurs indiens à "transférer immédiatement leur kafala (parrainage) (à un autre employeur) et à renouveler leur (autorisation de) résidence", a ajouté le journal.

Pour ceux voulant quitter le royaume, le décret prévoit d'alléger les restrictions au départ, a précisé un responsable du ministère, Abdallah al-Alyan, cité par ce quotidien.

En vertu du système de "kafala", les travailleurs étrangers doivent être parrainés par un employeur qui les tient ainsi à sa merci. Ils n'ont pas le droit notamment de changer d'emploi sans son accord préalable.

Ce système est critiqué par les organisations de défense des droits de l'Homme qui y voient une forme d'esclavagisme moderne.

L'Inde avait annoncé lundi qu'elle négociait avec Ryad afin de rapatrier les migrants ayant perdu leur travail dans le royaume. Le chef de la diplomatie indienne, Sushma Swaraj, a évoqué "une crise alimentaire" qui pourrait concerner plus de 10.000 travailleurs indiens.

Les Indiens sont nombreux parmi les travailleurs asiatiques immigrés dans les pays du Golfe, où des défenseurs des droits de l'Homme dénoncent régulièrement exploitations et abus, notamment le non-paiement des salaires, sans pouvoir obtenir réparation.

Des militants et des responsables en Asie ont indiqué que des milliers d'Indiens, Philippins et Pakistanais se trouvaient bloqués en Arabie saoudite après une série de licenciements dans le BTP en raison de la chute des cours de pétrole.

Certains ont été forcés de mendier ou de fouiller dans les poubelles pour survivre après des mois sans ressources, selon des responsables.

M. Alyan n'a pas mentionné les travailleurs philippins et pakistanais et rejeté les "rumeurs" faisant état de 10.000 migrants indiens mourant de faim dans le royaume.

Pour lui, il est "urgent" de trouver une solution pour les "2.500 employés indiens de l'entreprise Saudi Oger qui ont fait face à des difficultés en raison des retards (de paiement de) salaires".

En mars, plusieurs sources avaient indiqué que les grandes sociétés de construction en Arabie saoudite avaient été touchées par la baisse des cours de pétrole depuis deux ans.

Saudi Oger, géant de la construction, fait partie des entreprises les plus affectées.

Avec AFP

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