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Rwanda : un témoin de l’attentat contre Juvénal Habyarimana disparait


L'ancien président rwandais Juvenal Habyarimana a été assassiné dans un attentat contre son avion en 1994.

L'ancien président rwandais Juvenal Habyarimana a été assassiné dans un attentat contre son avion en 1994.

Le témoin a disparu à Nairobi, enlevé par des inconnus.

Emile Gafirita a été menotté et emmené par des inconnus dans la nuit de jeudi à vendredi, selon son avocat français, François Cantier.

"La police kényane a démenti son arrestation, il a manifestement été enlevé", a déclaré Cantier cité par l’AFP.

La seule préoccupation de l’avocat est qu'on laisse Gafirita en vie et qu'on le libère.

Gafirita devait témoigner dans l'enquête de la France sur l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, considéré comme le déclencheur du génocide de 1994 qui a fait au moins 800.000 morts en trois mois en 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi

"Il m'avait contacté en me disant qu'il souhaitait témoigner et j'ai pris contact avec les juges", a expliqué M. Cantier, qui a précisé que son client devait être entendu début décembre dans cette enquête.

L'attentat fait l’objet d'une instruction des juges antiterroristes parisiens Marc Trevidic et Nathalie Poux depuis 16 ans.

Les deux magistrats francais ont terminé leurs investigations en juillet dernier mais ils les ont expressement rouvertes après l'été pour entendre M. Gafirita.

D’autres témoins de cette enquête ont été assassinés ou visés par des tentatives de meurtre.

Neuf mandats d'arrêt contre des proches de l'actuel président rwandais Paul Kagamé, ancien chef de la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), avaient été lancés quand l'ancien juge d'instruction Jean-Louis avait ouvert l’instruction.

Un commando du FPR de s'était infiltré à travers le dispositif des Forces armées rwandaises (FAR) pour abattre l'avion d’Habyarimana, selon le soupcon du magistrat.

Sept des personnes visées ont été mises en examen entre 2008 et 2010. Le huitième, entré en dissidence, est actuellement réfugié en Afrique du Sud, tandis que le dernier serait décédé.

L’enquête a été ouverte en France car l'équipage de l'avion présidentiel était français.

Une commission d'enquête rwandaise a au contraire imputé la responsabilité de l'attentat aux extrémistes "Hutu Power" des FAR, qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré, pour faciliter un coup d'Etat.

Kigali s'était estimé conforté par les expertises techniques présentées début 2012 par les juges d'instruction, qui avaient cité comme zone de tir des missiles "la plus probable" un camp alors tenu par la garde présidentielle rwandaise.

Pour les parties civiles, ces expertises n'offrent aucune certitude sur l'identité des tireurs et des commanditaires. Les juges d'instruction ont rejeté en 2013 une demande de non-lieu faite par les mis en examen.

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