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Rwanda: le gouvernement tente de rassurer les réfugiés burundais


Un groupe de réfugiés burundais, camp de Gashora, district de Bugesera, Rwanda, le 10 avril 2015. AFP PHOTO / STEPHANIE AGLIETTI

Un groupe de réfugiés burundais, camp de Gashora, district de Bugesera, Rwanda, le 10 avril 2015. AFP PHOTO / STEPHANIE AGLIETTI

Le gouvernement rwandais a réaffirmé lundi sa volonté à terme de relocaliser les réfugiés burundais installés sur son sol dans des pays tiers, tout en assurant que le pays respecterait ses obligations internationales, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une délégation du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et la ministre rwandaise chargée des réfugiés, Séraphine Mukantabana sont allés lundi à la rencontre de réfugiés burundais dans le camps de Mahama, dans l'est du pays.

Après s'être longuement entretenue avec les responsables des réfugiés et les ONG présentes dans le camp, Mme Mukantabana a détaillé à la presse les clarifications qu'elle souhaitait apporter aux réfugiés.

"C'était pour que les réfugiés sachent que la décision que le gouvernement a prise pour la relocalisation est sans recours mais que par ailleurs, cette décision n'amène pas le gouvernement du Rwanda à aller à l'encontre des engagements (internationaux) que le gouvernement a signés".

"Cette déclaration n'amènera donc pas le gouvernement rwandais à rapatrier de force les réfugiés burundais dans leur pays", a affirmé la ministre, qui a ajouté que le Rwanda allait "continuer l'assistance humanitaire aux réfugiés".

Quelque 240.000 Burundais ont fui leur pays depuis le début de la crise politique en avril 2015, lorsque le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat controversé.

Environ 75.000 d'entre eux se sont réfugiés au Rwanda voisin.

Le représentant du HCR au Rwanda Saber Azam a également tenu à rassurer les réfugiés de Mahama.

"Lors de nos récentes discussions, le gouvernement a confirmé son engagement à respecter ses obligations internationales vis-à-vis des réfugiés et assuré que ses frontières resteraient ouvertes à ceux qui fuient la persécution et la violence au Burundi", a déclaré M. Azam.

"Le second point que nous retirons de ces discussions, c'est que les réfugiés burundais ne seront pas transférés de force (dans des pays tiers)", s'est-il félicité.

Le Rwanda avait pris de court la communauté internationale en menaçant le 12 février de relocaliser les réfugiés burundais dans des pays voisins.

Cette annonce intervenait dans un contexte d'accusations de déstabilisation du Burundi par le Rwanda, soupçonné de recruter et d'entraîner des réfugiés burundais afin de renverser le président burundais Pierre Nkurunziza.

Le Rwanda, qui rejette ces accusations, avait alors dénoncé "l'indifférence totale aux cause profondes, bien connues, de l'instabilité au Burundi et de l'exode des réfugiés".

Avec AFP

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